La scène a de quoi marquer les esprits : à Pékin, un robot humanoïde a terminé un semi-marathon en 50 minutes et 26 secondes, un chrono encore plus rapide que le record du monde humain actuel de Jacob Kiplimo (57’20 »). L’événement, organisé ce dimanche à Yizhuang en périphérie de la capitale chinoise, n’avait toutefois rien d’une course classique opposant directement machines et athlètes. Les robots et les coureurs humains évoluaient sur des voies parallèles distinctes, dans une compétition pensée avant tout comme une vitrine de la tech chinoise destinée au grand public.
Une progression spectaculaire en seulement un an
Ce résultat impressionne d’autant plus qu’il illustre la rapidité fulgurante des progrès récents en robotique humanoïde. Lors de l’édition précédente, le meilleur robot avait mis plus de deux heures et demie pour couvrir la même distance. Cette fois, les mouvements des robots étaient nettement plus fluides, les chutes moins nombreuses, sachant que le nombre de machines engagées a aussi fortement augmenté. Le gain en performance ne tient donc pas seulement au chrono du robot vainqueur mais bien à l’amélioration de la locomotion, de l’équilibre et de l’autonomie de navigation de la quasi totalité des robots présents lors de l’évènement.
Le robot vainqueur, associé à la marque chinoise Honor, n’a finalement chuté qu’une seule fois à quelques encablures de l’arrivée, parvenant à maintenir un rythme soutenu sur l’ensemble du parcours. Une partie significative des robots en course aurait évolué de manière totalement autonome, sans être téléopéré à distance, à l’instar d’ailleurs du robot vainqueur.
Une démonstration impressionnante, malgré quelques ratés
Tout n’a pas été parfait pour autant. Certaines machines sont tombées dès le départ, d’autres ont heurté des barrières ou connu des trajectoires plus hésitantes. Ces incidents rappellent que la robotique humanoïde reste encore en phase d’expérimentation active, mais l’on se doute qu’au rythme actuel de progression du secteur, ces ratés se feront de plus en plus rares.
Une opération de communication technologique très assumée
Au-delà de la performance brute, l’objectif de la course était de montrer au public chinois l’état d’avancement des technologies locales dans un domaine devenu hautement stratégique (à l’échelle mondiale cette fois). Ce semi-marathon de Pékin ne signifie pas cependant que les robots sont déjà prêts à remplacer les athlètes, ni même qu’ils maîtrisent déjà toutes les subtilités du mouvement humain. Cette course a démontré en revanche que leur progression s’accélère à un rythme saisissant. Et lorsque des machines capables de courir debout sur 21 kilomètres commencent à battre les chronos les plus mythiques, la démonstration cesse alors d’être anecdotique.