Le marché des routeurs grand public aux États-Unis vient de basculer dans une situation pour le moins inhabituelle. La Federal Communications Commission (FCC) a en effet accordé à Netgear une approbation conditionnelle qui l’exempte de la nouvelle décision d’interdiction visant les routeurs fabriqués à l’étranger. En pratique, cette décision place provisoirement l’entreprise américaine dans une position quasi monopolistique sur la vente et le support de nouveaux routeurs pour le marché grand public américain. De là à y voir une décision protectionniste (et anti-concurrentielle de surcroit)…
Une exception majeure dans une politique de durcissement
En mars 2026, la FCC a étendu sa Covered List aux routeurs produits à l’étranger, ce au nom de la sécurité nationale : les fabricants concernés ne peuvent plus introduire de nouveaux modèles sur le marché américain sans dérogation spécifique, ni, à terme, assurer certaines mises à jour logicielles sur les appareils existants. Dans ce nouveau cadre, l’approbation conditionnelle accordée à Netgear change tout.

Cette exemption couvre une large partie du catalogue de la marque, notamment les gammes Nighthawk et Orbi, ainsi que certains gateways et modems. L’exemption s’applique jusqu’au 1er octobre 2027, ce qui laisse à Netgear une fenêtre considérable pour continuer à vendre, mettre à jour et potentiellement lancer de nouveaux produits pendant que ses concurrents restent dans l’incertitude.
Un avantage commercial immense, mais pas nécessairement durable
Le plus frappant dans cette affaire est que Netgear, comme la quasi-totalité du secteur, fabrique lui aussi l’essentiel de ses équipements en Asie. D’autres fabricants pourraient donc en théorie décrocher la même approbation, mais tant que la FCC n’intervient pas, Netgear continuera de bénéficier de cet énorme coup de pouce. Et si l’objectif de la FCC était tout simplement de favoriser une entreprise américaine dans un secteur ultra compétitif ?
Pour Netgear, c’est en tout cas une occasion unique de consolider sa présence sur le marché américain. Pour les concurrents en revanche, c’est un avertissement brutal : dans le nouvel environnement réglementaire américain (lui-même encadré par l’administration MAGA), la compétitivité ne dépend plus seulement du prix, des performances ou de l’innovation, mais aussi de la capacité à obtenir la bénédiction des autorités.