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C’est historique : la NASA a franchi une étape majeure de son programme lunaire avec le décollage réussi d’Artemis II, première mission habitée vers la Lune depuis plus d’un demi-siècle. Lancée depuis le Kennedy Space Center, en Floride, la fusée Space Launch System a propulsé quatre astronautes à bord de la capsule Orion pour une mission d’environ dix jours, une mission pensée comme une répétition générale avant le retour d’êtres humains sur le sol lunaire à l’horizon 2028.
Le vol d’Artemis II constitue un basculement historique pour l’exploration spatiale américaine. Il s’agit en effet de la première mission habitée à quitter l’orbite terrestre en direction de la Lune depuis la fin du programme Apollo en 1972. Le lancement a eu lieu le 1er avril 2026 en début de soirée, heure de la côte Est des États-Unis (en pleine nuit en France), sous les yeux de milliers de spectateurs rassemblés en Floride et d’une audience mondiale branchée sur les retransmissions direct-live de la NASA. «Après une brève interruption de 54 ans, la Nasa reprend sa mission d’envoyer des astronautes vers la Lune», déclarera peu de temps plus tard Jared Isaacman, le directeur de la NASA, lors d’une conférence de presse.
L’équipage est composé de Reid Wiseman, Victor Glover, et Christina Koch, tous de la NASA, ainsi que de Jeremy Hansen, un astronaute de l’Agence spatiale canadienne. Plusieurs jalons symboliques sont franchis : Christina Koch devient ainsi la première femme à participer à un voyage habité vers la Lune, Victor Glover le premier astronaute noir pour une telle mission, et Jeremy Hansen le premier Canadien à prendre part à une mission lunaire habitée.
Contrairement aux prochaines missions du programme Artemis, Artemis II n’a pas pour objectif de faire atterrir son équipage. L’objectif de la mission est de valider en conditions réelles le fonctionnement du vaisseau Orion, des systèmes de survie, des communications et du lanceur SLS sur une trajectoire lointaine autour de la Lune. Après une phase initiale en orbite terrestre, l’équipage s’engagera sur une trajectoire circumlunaire avant de revenir vers la Terre.

Les premières heures du vol ont toutefois rappelé qu’un tel programme reste une entreprise extrêmement complexe. Des difficultés temporaires de communication ont été signalées, tandis qu’un dysfonctionnement touchant les toilettes du vaisseau Orion a également occupé les équipes au sol. Pour la NASA, ces imprévus font précisément partie de la logique d’une mission d’essai, et permettent en outre d’améliorer la préparation des futures missions.
Artemis II incarne l’ambition américaine de réinstaller durablement une présence humaine autour et sur la Lune, et ce dans le contexte d’une compétition spatiale toujours plus intense, notamment avec la Chine. Pour rappel, Pékin ambitionne l’arrivée d’astronautes chinois sur la Lune avant 2030. Le programme Artemis a certes accumulé des retards et englouti des dizaines de milliards de dollars, mais il demeure la pierre angulaire de la stratégie spatiale de la NASA pour la décennie en cours.
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