Le conflit entre l’Iran et les États-Unis franchit un nouveau seuil de tension, avec une menace cette fois explicite visant les grandes entreprises technologiques américaines implantées au Moyen-Orient. Dans un communiqué attribué aux Gardiens de la révolution (IRGC), plusieurs groupes majeurs du numérique, de l’informatique et de l’industrie ont été désignés comme cibles légitimes, au motif qu’ils contribueraient aux capacités de renseignement, de communication et d’intelligence artificielle utilisées dans les opérations militaires menées contre Téhéran. Ces menaces ne sont pas nouvelles, mais jusqu’ici seuls les médias iraniens (proches du pouvoir) laissaient planer le risque d’interventions armées contre les intérêts occidentaux dans le golfe.
Les géants de la tech désormais exposés
Parmi les entreprises citées figurent notamment Apple, Google, Meta, Microsoft, Nvidia, Oracle, Intel, IBM, Cisco, Dell, HP, Tesla, Palantir ou bien encore Boeing. La portée symbolique de cette liste est considérable : elle montre que, dans l’esprit des autorités iraniennes, la guerre moderne ne se joue plus seulement entre armées et infrastructures militaires traditionnelles, mais aussi à travers les acteurs privés qui fournissent les briques logicielles, matérielles et algorithmiques de la puissance américaine…même si l’on constate que quelques unes des entreprises citées n’ont pas de liens directs ou indirects avec l’armée US.

Le message adressé aux salariés présents dans la région, ainsi qu’aux riverains des installations associées à ces groupes, participe aussi d’une stratégie de pression psychologique autant que d’un avertissement sécuritaire.
L’intelligence artificielle et le cloud au centre des accusations iraniennes
Si ces sociétés sont visées, c’est parce que l’Iran leur reproche un rôle indirect mais décisif dans la chaîne technologique du conflit. Le développement de systèmes d’analyse, d’outils de ciblage, d’infrastructures cloud et de capacités d’IA est désormais perçu comme un levier opérationnel à part entière. Autrement dit, les entreprises technologiques ne sont plus vues seulement comme des prestataires civils, mais aussi comme des maillons parfois essentiels de la guerre contemporaine.
Cette menace ne surgit pas dans le vide. Plus tôt au mois de mars, des centres de données d’Amazon Web Services à Bahreïn et aux Émirats arabes unis ont déjà subi des perturbations à la suite d’attaques de drones.