La cour d’appel de Paris a refusé de suspendre le site Shein en France, estimant que le retrait anticipé des produits illicites avait fait disparaître le motif de l’action de l’État. « Le dommage qui avait justifié l’action de l’État n’existait plus », a tranché la cour.

Shein reste disponible en France
L’affaire avait éclaté à l’automne avec la découverte sur la marketplace de Shein de poupées sexuelles à l’apparence de fillettes, d’armes de catégorie A et de médicaments interdits. Shein avait alors bloqué spontanément l’intégralité de sa place de marché en France le temps d’un audit complet, avant de la rouvrir progressivement au début de 2026. Ce geste n’avait pas suffi à convaincre le gouvernement qui avait demandé en justice la suspension totale du site jusqu’à ce que le risque de récidive soit nul. Le tribunal judiciaire de Paris avait rejeté cette demande en décembre, la jugeant « disproportionnée », et la cour d’appel confirme aujourd’hui cette position.
La décision n’est pas sans contrepartie. La cour d’appel ordonne à Shein de mettre en place avec effet immédiat des mesures de vérification de l’âge pour la vente de produits à caractère pornographique, sous peine d’astreinte financière. Le ministère de l’Économie indique qu’il sera « extrêmement vigilant quant à l’application de cette décision » et juge que l’affaire « souligne la nécessité de faire évoluer l’état actuel du droit sur le plan national et européen » pour renforcer les pouvoirs de sanction contre les plateformes de commerce en ligne.
Shein, fondé en Chine et désormais basé à Singapour, a réagi à l’AFP en affirmant avoir « continué à renforcer de manière significative » ses contrôles sur les vendeurs et les produits de sa marketplace « afin que les clients puissent bénéficier d’une expérience d’achat sûre et agréable ».