Le vice-président ingénierie de YouTube, Cristos Goodrow, a affirmé devant un tribunal civil à Los Angeles que la plateforme de vidéos ne cherchait pas à maximiser le temps de visionnage mais à apporter de la valeur, avant qu’un document interne de 2013 fixant l’objectif d’un milliard d’heures de contenus consommés quotidiennement ne vienne immédiatement contrarier sa défense. Cet objectif a été atteint puis dépassé en 2024.

Un procès test pour des centaines d’affaires similaires
Le jury doit statuer avant fin mars sur la responsabilité partagée de YouTube et Instagram dans les troubles de santé mentale de Kaley G. M., une Californienne de 20 ans ayant commencé à fréquenter YouTube à six ans et Instagram à neuf ans. Elle affirme avoir développé une dépendance aux deux plateformes. TikTok et Snapchat, également visés par ses plaintes, ont préféré signer des accords confidentiels plutôt qu’affronter le procès.
L’enjeu juridique ne porte pas sur les contenus diffusés, protégés par la loi américaine, mais sur la conception même des applications, accusées d’avoir sciemment encouragé la surconsommation de vidéos. Le verdict fera jurisprudence pour des centaines d’affaires similaires en cours.
YouTube face aux contradictions
À la barre, Cristos Goodrow a multiplié les affirmations défensives. « YouTube n’est pas conçu pour maximiser le temps » de visionnage, mais « pour offrir aux gens le plus de valeur », a-t-il déclaré. « YouTube ne cherche pas à rendre les gens accros », a-t-il ajouté.
L’avocat de la plaignante a produit d’autres documents internes faisant état de recherches sur les effets néfastes d’une consommation vidéo excessive. Le dirigeant a concédé que les enfants ne devraient pas sacrifier leur sommeil pour YouTube et a présenté le défilement de l’écran comme un échec : « Nous voulons que les gens puissent regarder ce qu’ils veulent, aussi rapidement que possible. S’ils scrollent, ils finiront par être frustrés ».
Il y a en tout cas un contraste avec la stratégie de Meta. Le groupe a dépêché la semaine dernière son patron Mark Zuckerberg ainsi qu’Adam Mosseri, dirigeant d’Instagram. YouTube a choisi d’envoyer un vice-président ingénierie à la place de son patron Neal Mohan, initialement prévu.
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