Le 19 janvier 2026, le télescope spatial James Webb a consacré 17 heures continues à l’étude d’Uranus, le temps d’une rotation complète de la planète. Grâce à son instrument NIRSpec (Near-Infrared Spectrograph), une équipe internationale de chercheurs est parvenue à analyser en détail la structure thermique et la densité des ions situés à environ 5 000 kilomètres au-dessus des nuages.
Les résultats, publiés dans Geophysical Research Letters, offrent une vision tridimensionnelle inédite de la haute atmosphère de la géante glacée. « C’est la première fois que nous pouvons observer l’atmosphère supérieure d’Uranus en trois dimensions », explique Paola Tiranti, doctorante à l’Université de Northumbria et auteure principale de l’étude. « Avec la sensibilité de Webb, nous suivons la manière dont l’énergie se propage et comment le champ magnétique asymétrique influence ces phénomènes. »
Un champ magnétique parmi les plus étranges du Système solaire
Uranus se distingue par une inclinaison extrême : son axe de rotation dépasse 90 degrés, la faisant littéralement tourner sur le côté. Son axe magnétique est lui aussi fortement incliné, créant une magnétosphère instable. Cette configuration génère des aurores aux formes complexes.
James Webb a détecté deux bandes aurorales lumineuses près des pôles magnétiques, ainsi qu’une zone intermédiaire marquée par une baisse notable de densité ionique. Ces variations seraient liées à la façon dont les lignes de champ magnétique canalisent les particules chargées.
Une planète toujours plus froide
Les nouvelles mesures confirment également un refroidissement progressif de la haute atmosphère, déjà observé lors du survol de Voyager 2 en 1986. Les températures actuelles seraient inférieures d’environ 150 °C aux précédentes estimations.
En dévoilant la dynamique énergétique d’Uranus, Webb apporte des données probablement essentielles à une meilleure compréhension des géantes glacées, y compris celles détectées au-delà de notre système solaire.