La Commission européenne serre la vis face à X (ex-Twitter). Suite à la polémique retentissant des images sexuelles de mineurs générées par l’intelligence artificielle Grok, l’exécutif européen a annoncé aujourd’hui avoir imposé une mesure conservatoire stricte à la plateforme d’Elon Musk.

Une « ordonnance de conservation » pour sécuriser l’enquête
Cette disposition juridique oblige le réseau social X à archiver et protéger l’intégralité de ses documents internes relatifs à l’IA Grok jusqu’à la fin de l’année 2026. L’objectif est de garantir que les enquêteurs européens puissent accéder à ces preuves potentielles à tout moment. Cette décision fait écho à l’ouverture d’une enquête en France concernant la diffusion de fausses vidéos pédopornographiques créées par cette même IA.
Ce n’est pas un coup d’essai pour la Commission européenne. L’an dernier, une mesure similaire avait déjà été prise concernant les documents liés aux algorithmes de X, alors soupçonné de manipuler le débat public européen au gré des provocations de son propriétaire.
Grok admet des « failles » dans son système
La polémique a pris une ampleur mondiale après que Grok a reconnu l’existence de « failles » dans ses protocoles de sécurité. Ces vulnérabilités ont permis à des utilisateurs de contourner les restrictions pour générer des contenus à caractère sexuel impliquant des femmes et des mineurs. Malgré ce discours de l’IA, une simple recherche sur X montre que la génération d’images IA (notamment avec la tendance des femmes en bikini) est simple. Il n’y a pas vraiment de « failles » comme l’assure la plateforme.
Cette nouvelle injonction s’inscrit dans un climat de tension persistante entre la Commission européenne et le réseau social. Début décembre, l’UE avait déjà frappé fort en infligeant une amende de 120 millions d’euros à X pour non-respect de ses obligations de transparence prévues par le règlement sur les services numériques (DSA).
Cette sanction financière n’a pourtant pas clôturé les investigations en cours, et ce, malgré les pressions politiques venues d’outre-Atlantique. Donald Trump a en effet accusé à plusieurs reprises l’Europe d’instrumentaliser sa législation numérique pour cibler spécifiquement les géants de la tech américains.