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L’administration Trump a ordonné le retrait des services d’intelligence artificielle de DeepSeek des systèmes informatiques des agences fédérales civiles américaines. La décision interdit également l’achat de produits et de services utilisant les modèles de l’entreprise chinoise, au nom de risques liés à la sécurité nationale et à la protection des données.

Le département de la Sécurité intérieure américain (DHS) justifie cette mesure par plusieurs risques potentiels. Il estime que l’utilisation de DeepSeek par des fonctionnaires ou des prestataires pourrait entraîner le transfert d’informations sensibles vers la Chine. Les autorités partent du principe que ces données, combinées à d’autres informations accessibles publiquement, pourraient permettre de recueillir des renseignements exploitables sur des citoyens américains ou des administrations fédérales.
Le DHS pointe également la collecte de données personnelles lors de la création d’un compte, ainsi que les risques de suivi et d’identification numérique des utilisateurs. Le document évoque par ailleurs la possibilité que les modèles contiennent des logiciels malveillants ou des vulnérabilités de sécurité. Il s’agit des risques avancés par les autorités américaines pour justifier leur décision et non de la preuve que chaque utilisation de DeepSeek entraîne effectivement une fuite de données ou une compromission.
La mesure ne vise pas uniquement les applications directement développées par DeepSeek. Elle s’étend aux produits et services de sociétés affiliées, ainsi qu’aux solutions tierces construites à partir des implémentations de ses modèles. Les agences fédérales civiles doivent retirer les technologies concernées de leurs systèmes et ne peuvent plus en acquérir dans le cadre de leurs marchés publics. L’ordre s’appuie sur le Federal Acquisition Supply Chain Security Act de 2018 qui permet au gouvernement de limiter les technologies considérées comme présentant un risque pour la chaîne d’approvisionnement informatique.
La portée de la décision reste toutefois limitée. Elle concerne les systèmes informatiques et les achats des administrations fédérales civiles, notamment des départements comme ceux de la Justice, du Trésor et des Affaires étrangères. Elle ne constitue pas une interdiction générale de DeepSeek pour les entreprises privées ou les Américains. Les agences relevant du département de la Défense et les services de renseignement ne sont pas couverts par cette mesure précise.
DeepSeek avait attiré l’attention internationale début 2025 avec des modèles IA performants proposés à des coûts d’utilisation compétitifs, remettant en question certaines hypothèses sur l’avance américaine dans l’intelligence artificielle. Depuis, les tensions se sont intensifiées autour de la sécurité des modèles IA chinois et de la concurrence dans le secteur. Plusieurs administrations américaines et certains États avaient déjà restreint l’utilisation de DeepSeek sur les appareils professionnels.
Le nouvel ordre du DHS prévoit également la possibilité pour les agences concernées de demander une exception écrite. Cette décision s’inscrit dans une politique plus large de contrôle des technologies considérées comme stratégiques, alors que les États-Unis cherchent à limiter les risques liés aux fournisseurs chinois dans ses infrastructures publiques.
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