Au terme de huit mois d’enquête, le ministère américain de la Justice a approuvé sans condition le rachat de Warner Bros par Paramount Skydance pour 110 milliards de dollars, estimant que l’opération renforcera la concurrence face aux géants du streaming plutôt qu’elle ne la réduira.

La division antitrust du ministère ne s’est pas contentée de ne pas s’opposer à l’opération : elle a conclu que la fusion devrait « accroître la compétition dans l’ensemble de l’écosystème des médias et du divertissement, avec des bénéfices pour les consommateurs et les travailleurs américains ». L’argument repose sur un constat : Paramount et Warner Bros sont des entrants « historiquement tardifs » dans le marché du streaming, dont les plateformes Paramount+, HBO Max et Discovery+ restent loin derrière Netflix, Amazon Prime Video et Disney+ en nombre d’abonnés. Réunis, ils formeraient une alternative plus robuste à ces trois dominants. Aucune cession d’actifs ni aucun engagement n’a été exigé.
Le nouvel ensemble réunit deux catalogues parmi les plus denses d’Hollywood. Paramount Skydance apporte la chaîne CBS et les franchises Mission Impossible et Star Trek. Warner Bros Discovery y ajoute CNN, les univers Harry Potter, Game of Thrones et DC Comics, et la plateforme de streaming HBO Max. La fusion de cette dernière avec Paramount+ permettrait au groupe de revendiquer environ 200 millions d’abonnés, un seuil qui le placerait dans une tout autre catégorie face à ses rivaux numériques.
Hollywood s’inquiète pendant que l’Europe enquête
Le feu vert américain ne dissipe pas toutes les résistances. Une large partie d’Hollywood redoute des suppressions d’emplois massives dans une industrie déjà fragilisée par plusieurs vagues de fusions et de licenciements. Le ministère a balayé ces craintes, jugeant qu’elles « ne soulèvent pas de problèmes relevant du droit de la concurrence ». Sur le plan international, l’autorité britannique de la concurrence a ouvert une enquête cette semaine et la Commission européenne examine à son tour la régularité de l’opération sur le marché européen.
La dimension politique de l’opération n’est pas absente. David Ellison, qui dirige Paramount Skydance, est le fils de Larry Ellison, milliardaire et proche de Donald Trump. Paramount avait emporté la mise après le retrait, en février, d’une offre concurrente de Netflix, laissant le champ libre à la fusion qui vient d’obtenir son principal aval réglementaire fédéral.
2 commentaires pour cet article :