Nvidia annonce RTX Spark, un puce pour les PC Windows qui intègre un processeur (CPU) et une puce graphique (GPU) dans une architecture à mémoire unifiée. Ce n’est pas une mise à jour de carte graphique : c’est l’entrée officielle de Nvidia dans le segment des processeurs PC pour le grand public, un terrain qu’Intel, AMD et Apple (avec Apple Silicon) se partageaient jusqu’ici.

Nvidia se lance dans les puces PC avec RTX Spark
La puce combine un GPU Blackwell RTX doté de 6 144 cœurs CUDA et de cœurs Tensor de cinquième génération avec support du FP4, et un CPU Grace de 20 cœurs co-développé avec MediaTek sur architecture Arm. Les deux composants communiquent via la technologie d’interconnexion NVLink-C2C à 600 Go/s de bande passante, soit l’équivalent de cinq fois le débit de la norme PCIe 5.0. La configuration maximale atteint 128 Go de RAM (LPDDR5X). RTX Spark s’apparente à la puce GB10 qui équipe DGX Spark, un système compact destiné au développement de l’intelligence artificielle. Nvidia reprend la même base et la repositionne pour le grand public.
Nvidia annonce jusqu’à 1 pétaflop de performances IA avec FP4, suffisant pour exécuter localement des modèles de langage de 120 milliards de paramètres avec jusqu’à 1 million de tokens pour le contexte. Sur le terrain de la création de contenu, la plateforme peut rendre des scènes 3D de 90 Go, monter de la vidéo en 12K 4:2:2 ou encore générer des vidéos 4K par IA. Pour le jeu vidéo, Nvidia promet du 1440p à plus de 100 images par seconde avec le ray tracing, le DLSS, Reflex et G-SYNC, en citant Indiana Jones et le Cercle ancien comme exemple. La société compare les performances graphiques à celles d’une GeForce RTX 5070 (version PC portable) selon les applications, sans fournir de liste de jeux, de paramètres détaillés ni de limites d’alimentation pour étayer cette affirmation.

Nvidia et Microsoft développent conjointement une plateforme native pour les agents IA locaux. Nvidia nomme son environnement d’exécution OpenShell et Microsoft y ajoute des fonctions de sécurité et de confinement pour permettre aux agents de fonctionner sous contrôle de l’utilisateur.
Les logiciels vont devoir s’adapter à l’architecture Arm
RTX Spark repose sur une architecture Arm. Les applications x86 classiques pour Windows devront passer par l’émulateur Prism de Microsoft faute de version native, ce qui peut avoir un impact sur les performances de certains logiciels. De plus, Nvidia a sécurisé un ensemble de partenaires pour des versions natives :
- Adobe Photoshop et Premiere (en cours d’adaptation spécifique à RTX Spark)
- Blender, DaVinci Resolve, Maxon Cinema4D, Redshift et Topaz Photo
- CapCut, Cubase, Bitwig Studio et Affinity by Canva
Plusieurs constructeurs partenaires
Les ordinateurs portables embarquant RTX Spark se déclinent en formats 14 à 16 pouces, avec des châssis à partir de 14 mm d’épaisseur et dès 3 livres (environ 1,36 kg). Certains modèles embarqueront des écrans OLED tandem avec G-SYNC. Les premiers constructeurs à commercialiser des appareils cet automne sont Asus, Dell, HP, Lenovo, Microsoft Surface et MSI, suivis d’Acer et GIGABYTE. Plus de 30 PC portables et plus de 10 ordinateurs de bureau sont actuellement en développement chez les partenaires.
Les modèles déjà confirmés sont les Asus ProArt P14 et P16, Dell XPS 16, HP OmniBook X14 et Ultra 16, Lenovo Yoga Pro 9N, Microsoft Surface Laptop Ultra et MSI Prestige N16 Flip AI.
Le positionnement initial cible le segment premium, sans prix annoncés pour autant. RTX Spark deviendra à terme une famille de puces couvrant plusieurs gammes tarifaires, avec des configurations d’entrée de gamme prévues à partir de 16 Go de mémoire.
À noter que la puce RTX Spark ne peut pas être couplée à un GPU discret additionnel, ce qui limite son usage dans les grands ordinateurs de bureau mais s’aligne avec la stratégie actuelle centrée sur les PC compacts. Enfin Nvidia n’a pas communiqué sur les pilotes Linux ni sur un éventuel usage dans des consoles portables et promet des détails de performances complets plus proches du lancement.