Pegasus est un logiciel espion associé à l’entreprise NSO Group. Il est au centre d’enquêtes sur la surveillance ciblée de téléphones, notamment ceux de journalistes et de défenseurs des droits humains. Son nom désigne une technologie d’intrusion et de collecte de données, pas une catégorie générale de virus ou une application de protection.
Le Projet Pegasus, rendu public en 2021, a associé des journalistes et des spécialistes de l’analyse numérique. Les travaux du Security Lab d’Amnesty International ont décrit des traces d’infection et des tentatives d’attaque sur des appareils mobiles. Ces recherches documentent des cas précis : une liste de cibles potentielles, une tentative observée et une compromission établie ne constituent pas le même niveau de preuve.
Une surveillance qui peut viser le terminal
Certaines attaques documentées ont utilisé des mécanismes dits zéro clic, sans demander à la cible d’ouvrir volontairement un lien. Les chaînes d’exploitation évoluent avec les systèmes et leurs correctifs. La protection du transport d’un message ne protège pas à elle seule un téléphone sur lequel un logiciel malveillant accède aux informations avant leur envoi ou après leur réception.
Cette rubrique suit les révélations, les recherches de cybersécurité et les suites publiques de ces affaires. Les débats sur la vie privée concernent aussi le contrôle des outils de surveillance, leurs clients et les voies de recours des personnes visées. Attribuer une opération demande davantage que reconnaître un nom commercial : il faut relier les indices techniques, les circonstances et les acteurs concernés, sans transformer un soupçon en certitude.