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Un CubeSat de moins de 6 kg vient de relancer le débat sur l’énergie nucléaire en orbite. Baptisé BOHR, pour Betavoltaic Orbital High-Reliability, ce démonstrateur de la société américaine City Labs a été lancé par SpaceX à bord d’une Falcon 9 lors de la mission Transporter-17. Sa particularité consiste à tester une source d’alimentation au tritium, capable de fournir un courant continu pendant plusieurs décennies.
Contrairement aux anciens satellites équipés de réacteurs ou aux sondes lointaines utilisant des générateurs radioisotopiques, BOHR ne repose pas sur la fission nucléaire. La technologie NanoTritium de City Labs exploite la désintégration naturelle du tritium, un isotope radioactif de l’hydrogène. Les particules bêta émises traversent un semi-conducteur et produisent un faible courant électrique.

La puissance reste limitée : le satellite conserve des panneaux solaires pour ses fonctions principales. Mais l’intérêt est ailleurs. Une telle source peut alimenter durablement des capteurs, une mémoire, une horloge ou des systèmes de surveillance, même lorsque l’engin se trouve dans l’ombre de la Terre ou dans un environnement pauvre en lumière.
Le projet a été financé dans le cadre d’un contrat du département américain de la Défense. Pour les satellites militaires, une alimentation compacte, continue et moins dépendante du Soleil représente un atout majeur. Elle pourrait rendre certains systèmes plus résilients, notamment pour des missions longues, discrètes ou déployées dans des zones orbitales difficiles.

Le patron de City Labs, Peter Cabauy, parle d’« une étape historique pour l’énergie nucléaire commerciale dans l’espace » et affirme que BOHR démontre que des systèmes nucléaires « sûrs, compacts et approuvés par les régulateurs » peuvent entrer dans une phase de déploiement plus routinière.
BOHR n’annonce certes pas le retour massif de réacteurs nucléaires autour de la Terre, mais montre plutôt qu’une micro-alimentation nucléaire, plus légère et moins dangereuse que les anciens systèmes, peut trouver sa place dans le spatial commercial, civil comme militaire.
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17 Oct. 2026 • 20:47