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Deux semaines après l’arrêt forcé de Mythos 5, l’administration Trump réautorise un redémarrage partiel du modèle d’intelligence artificielle d’Anthropic. L’accès reste réservé à un cercle restreint d’acteurs américains de la cyberdéfense, tandis que le reste du monde demeure exclu.

Suspendu depuis le 12 juin sur ordre du gouvernement américain, Mythos 5 ne revient donc pas dans des conditions normales. Anthropic ne peut rouvrir son modèle qu’à des cyberdéfenseurs et opérateurs d’infrastructures, tous basés aux États-Unis. Dans le même temps, Fable 5, la version grand public pourtant déjà bridée sur les risques biologiques, chimiques et cyber, reste totalement coupée.
L’épisode marque un changement de nature dans le rapport entre les États-Unis et les sociétés d’IA. L’administration Trump ne se contente plus de surveiller les modèles avancés, elle décide désormais qui peut y accéder, dans quel cadre et sur quel territoire. Les partenaires étrangers, y compris en Europe et en Asie, sont exclus de cette reprise, du moins pour le moment.
Le blocage initial avait été déclenché après la découverte d’une faille de sécurité signalée par Andy Jassy, patron d’Amazon. Howard Lutnick, ministre du Commerce américain, affirme qu’« Anthropic a travaillé avec le gouvernement américain pour réduire les risques associés aux modèles concernés. Ces efforts ont produit des progrès significatifs ». Mais en dépit de ces avancées, les États-Unis conservent le contrôle.
Benno Kass, porte-parole du ministère du Commerce, assume cette logique de contrôle : « Nous avons travaillé avec diligence pour garantir que l’Amérique reste le leader mondial de l’IA tout en préservant notre sécurité », résume-t-il. Cette ligne traduit un équilibre nouveau, où la priorité stratégique l’emporte désormais sur le déploiement commercial mondial.
Le cas d’Anthropic n’est pas isolé. OpenAI a lui aussi dû accepter un lancement sous surveillance pour GPT-5.6, avec une validation des clients au cas par cas par le gouvernement américain. Sam Altman, patron d’OpenAI, l’admet lui-même : « Ce n’est pas exactement le processus que nous jugeons optimal », même s’il estime que l’administration « fait globalement du bon travail dans une situation très difficile ».
Cette reprise partielle de Mythos 5 s’inscrit dans le prolongement du décret signé début juin par Donald Trump qui instaure un examen fédéral des modèles IA avancés sur une base volontaire, mais politiquement décisive. En l’espace de quelques semaines, la Maison Blanche est passée d’un discours de dérégulation à un contrôle direct justifié par la sécurité nationale et la rivalité technologique avec la Chine.
Le signal envoyé à l’industrie est que les modèles les plus puissants ne relèvent plus seulement d’une logique de marché ou d’innovation privée, mais d’un arbitrage souverain exercé par les États-Unis. Avec Mythos 5, les États-Unis actent de fait qu’une IA de pointe peut être suspendue, filtrée puis relancée uniquement au bénéfice d’un périmètre national jugé stratégique.
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