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SEGA pourrait lancer l’un des projets de préservation vidéoludique les plus ambitieux jamais envisagés par un éditeur historique. Yosuke Okunari, producteur présent au sein du groupe japonais depuis les années 1990, travaille depuis plusieurs années à une immense base de données interne destinée à recenser l’ensemble du patrimoine logiciel de la marque.
Dans une déclaration relayée par Famitsu, le vétéran de SEGA explique que son inventaire rassemble déjà environ 2 800 créations distinctes, une fois les remakes et les portages écartés. En ajoutant les différentes versions régionales, éditions alternatives et déclinaisons commerciales, la liste atteindrait près de 4 500 titres.

Ce chantier ne se limite pas à la simple documentation des jeux publiés sur Master System, Mega Drive, Saturn, Dreamcast ou dans les salles d’arcade. L’objectif évoqué par Okunari est nettement plus vaste : transformer cette archive en bibliothèque jouable sur les machines modernes.
« Une fois cette base de données terminée, j’aimerais la rendre entièrement jouable. Mais je prendrai probablement ma retraite avant cela, je devrai donc transmettre le projet à quelqu’un d’autre », explique la dirigeant.
Rendre accessibles plusieurs décennies de jeux SEGA supposerait de résoudre une multitude de problèmes juridiques et techniques. De nombreux titres reposent sur des licences automobiles, sportives, musicales ou cinématographiques aujourd’hui expirées. D’autres titres nécessitent de recréer ou d’adapter des environnements d’émulation fiables pour des architectures complexes, notamment celles de la Saturn et de la Dreamcast.
Cette ambition contraste avec le retrait de plusieurs dizaines de jeux SEGA des boutiques numériques en décembre 2024, notamment des titres issus des collections Mega Drive et Dreamcast. Les jeux déjà achetés restent accessibles, mais de nombreux classiques ne peuvent plus être acquis légalement.
SEGA n’a annoncé aucun service rétro ni abonnement dédié. Pourtant, l’initiative de Yosuke Okunari laisse entrevoir une possibilité séduisante, soit celle d’un catalogue historique mieux conservé, mieux documenté et, à terme, moins dépendant des caprices des plateformes numériques.
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