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Roland Lescure, ministre de l’Économie, a annoncé lors du salon Vivatech la mobilisation de 13 milliards d’euros supplémentaires pour soutenir la tech française et européenne avec la troisième phase de l’initiative Tibi et avec un objectif porté à 15 milliards d’euros d’ici la fin de l’année. « Cette nouvelle phase, d’une ampleur inédite et dans un moment crucial, témoigne de la confiance des investisseurs institutionnels et de notre capacité collective à orienter massivement l’épargne vers l’innovation et les technologies de rupture », a déclaré le ministre.

La nouveauté structurelle de cette phase tient à une règle stricte : la moitié des nouveaux fonds mobilisés concerne désormais obligatoirement la deeptech, couvrant l’intelligence artificielle, l’informatique quantique, le spatial et les biotechnologies. Cette contrainte d’allocation marque une rupture avec les phases précédentes et traduit la volonté d’accélérer le financement des technologies de rupture, avec celles précisément qui peinent le plus à trouver des investisseurs privés en Europe.
L’autre signal fort de cette édition est l’arrivée de nouveaux partenaires industriels issus directement du secteur de la défense. Naval Group et MBDA rejoignent une coalition qui compte déjà une quarantaine d’investisseurs, aux côtés de Carac, SNCF, RATP et Eutelsat. Cette intégration des acteurs de la défense donne au volet souveraineté technologique une dimension concrète : il s’agit de verrouiller des filières stratégiques en associant leurs débouchés industriels dès le stade de l’investissement, en plus de financer des start-up prometteuses.
La Caisse des dépôts et consignations complète ce dispositif en créant un volet dédié à l’introduction en bourse des PME et ETI technologiques pour simplifier leur accès aux marchés de capitaux et accélérer leur croissance sur le territoire national.
Depuis son lancement en 2020, l’initiative Tibi a cumulé près de 31 milliards d’euros levés, un bilan qui justifie l’ambition croissante de chaque nouvelle phase. Mais la vraie portée du projet dépasse désormais les frontières françaises. Menée de concert avec l’Allemagne, cette stratégie vise explicitement à faire émerger des méga-fonds paneuropéens capables de peser dans la compétition technologique mondiale face aux géants américains et chinois.
L’enjeu est double : attirer les capitaux là où ils fuient aujourd’hui vers la Silicon Valley ou les marchés asiatiques, et retenir sur le sol européen les entreprises et les talents qui constituent la base de la prochaine génération de champions technologiques.
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