Meta a annoncé aujourd’hui de nouveaux garde-fous sur Instagram, Facebook et Messenger pour limiter l’exposition répétée des adolescents à des contenus jugés sensibles. L’annonce intervient quelques mois après deux décisions de justice défavorables qui ont replacé la sécurité des jeunes utilisateurs au centre de la pression sur l’entreprise.

Le géant des réseaux sociaux veut désormais réduire la fréquence d’apparition de publications sur la nutrition, la musculation et l’anxiété dans les fils des adolescents. Meta explique que ces sujets peuvent avoir une utilité, mais qu’ils ne doivent pas occuper trop de place d’un seul coup dans l’expérience d’un mineur. Cette logique s’étend à un moment où l’entreprise cherche à montrer qu’elle agit sur la répétition des contenus, pas seulement sur leur présence isolée.
En mars, un jury de Los Angeles a jugé Meta et YouTube responsables d’avoir nui à une jeune femme à travers des fonctions comme le défilement infini et les filtres de beauté. Ce même mois, un jury du Nouveau-Mexique a condamné Meta à verser 375 millions de dollars pour violation des lois locales de protection des consommateurs dans une affaire incluant des accusations d’avoir permis une exploitation sexuelle.
Meta étend aussi à Facebook et Messenger un système de notation des contenus lancé en octobre sur Instagram et inspiré des critères de classification des films. L’entreprise applique la même logique aux échanges entre adolescents et le chatbot Meta AI. Les conversations avec l’assistant d’intelligence artificielle se retrouvent donc soumises aux mêmes restrictions de contenu que celles déjà utilisées pour classer certaines publications.
Ce durcissement prolonge aussi une série de mesures déjà engagées autour des agents conversationnels. En octobre, Meta avait présenté de premières règles de sécurité autour des chatbots d’intelligence artificielle. En janvier, l’entreprise a ensuite empêché les adolescents d’écrire aux personnages IA d’Instagram, ces chatbots conçus autour de personnalités distinctes.
Les comptes pour adolescents entrent dans une nouvelle phase
Les nouvelles mesures s’inscrivent dans le programme « Comptes Ado » lancé en 2024. Ce dispositif a rendu privés par défaut les comptes des adolescents et a renforcé le contrôle des parents sur l’activité de leurs enfants. Meta ne part donc pas de zéro, mais ajoute une couche supplémentaire centrée sur la manière dont certains thèmes s’enchaînent dans les recommandations.
Aussi, Meta dit avoir travaillé avec Alice, une organisation spécialisée dans la confiance et la sûreté, pour mesurer l’efficacité de ses politiques. Le groupe indique en parallèle avoir fait évaluer des millions de contenus par des parents afin d’ajuster son système de modération.
Cette nouvelle salve de mesures arrive alors que Meta reste visé depuis plus de dix ans sur les questions de sécurité des enfants. L’entreprise fait face à des milliers de procédures engagées par des parents, des procureurs généraux d’États et des écoles. Avec ces changements, Meta tente de montrer qu’il peut encore reprendre la main sur la protection des adolescents, alors que le débat sur la responsabilité de ses plateformes s’est nettement durci.