Samsung Electronics a désamorcé in extremis une grève qui menaçait sa production de puces mémoire. Le plus grand syndicat du groupe en Corée du Sud a suspendu un mouvement de 18 jours qui devait débuter le 21 mai après la conclusion d’un accord salarial provisoire avec la direction.
48 000 salariés appelés à voter
Près de 48 000 salariés, principalement issus de la division mémoire, étaient concernés. Le vote sur cet accord – non définitif – se tiendra du 22 au 27 mai. « Avec une attitude humble, nous construirons une relation sociale plus mature et constructive afin qu’un tel incident ne se reproduise plus », a déclaré Samsung dans un communiqué.

Le conflit portait sur les primes. Le syndicat réclamait la suppression du plafond équivalent à 50 % du salaire annuel et voulait que 15 % du bénéfice opérationnel annuel alimente les bonus. Selon Reuters, l’accord prévoit finalement une enveloppe correspondant à 10,5 % du bénéfice opérationnel, avec une partie importante versée en actions de l’entreprise.
La mémoire au cœur de l’économie coréenne
Un soulagement pour la chaîne mondiale des puces
L’enjeu dépassait largement Samsung. Le groupe représente une part considérable de l’économie sud-coréenne et reste le premier fabricant mondial de mémoire. Sa division puces a dégagé 53 700 milliards de wons de bénéfice opérationnel au premier trimestre 2026, soit environ 31 milliards d’euros.
Une grève prolongée aurait pu perturber la production de DRAM, de NAND et plus globalement de puces destinées aux infrastructures d’intelligence artificielle. Le Premier ministre sud-coréen avait averti que les pertes directes pouvaient atteindre 1 000 milliards de wons (environ 580 millions d’euros), avec un impact économique total potentiellement bien supérieur si des lots de semi-conducteurs en cours de fabrication devaient être abandonnés.