Meta a commencé à notifier 8 000 employés de leur licenciement dans le cadre d’une nouvelle phase de restructuration destinée à réduire les coûts pendant que l’entreprise accélère massivement ses investissements dans l’intelligence artificielle. La vague touche plusieurs régions du monde et s’inscrit dans une réorganisation plus large des équipes autour des priorités fixées par Mark Zuckerberg.

Les notifications ont débuté ce matin, d’abord en Asie puis aux États-Unis. En Irlande, où se trouve le siège européen de Meta à Dublin, l’entreprise prévoit de supprimer environ 20 % de ses effectifs, soit jusqu’à 350 postes. Les salariés sont par ailleurs encouragés à travailler depuis chez eux pendant cette séquence, alors que les équipes d’ingénierie et de produit semblent particulièrement exposées.
Cette coupe ne résume pas à elle seule le mouvement en cours. Lundi, Meta avait déjà annoncé la réaffectation de 7 000 employés vers de nouvelles équipes tournées vers l’IA, notamment sur les produits et les agents. Fin mars, avant ces changements, le groupe comptait encore un peu moins de 80 000 salariés.
Meta se réorganise autour de l’IA
Dans la note interne obtenue par Bloomberg, Janelle Gale, la direction des ressources humaines, explique vouloir des structures plus plates et des équipes plus petites, capables d’avancer plus vite avec davantage d’autonomie. C’est la traduction organisationnelle d’une priorité fixée depuis des mois par Mark Zuckerberg, le patron de Meta, qui concentre désormais l’essentiel des moyens de Meta sur la course à l’IA face à Google et OpenAI.
Cette stratégie ne se limite pas aux budgets. Mark Zuckerberg pousse déjà les ingénieurs à utiliser des agents IA pour coder et accomplir certaines tâches, tout en explorant des méthodes plus intrusives de collecte de données internes pour améliorer les modèles. Il a aussi développé son propre assistant dopé à l’IA pour automatiser une partie de ses tâches de direction.
Cette transformation rapide crée des tensions visibles dans l’entreprise. Plus d’un millier de salariés ont signé une pétition adressée à la direction pour demander à Meta de ne pas exploiter les données remontées par leurs appareils dans le cadre de l’entraînement de ses systèmes d’IA.
Les inquiétudes portent sur des informations très fines, comme chaque frappe au clavier, les mouvements de souris ou le contenu affiché à l’écran. D’autres employés ont également exprimé sur les réseaux sociaux l’impact de la menace de nouveaux licenciements sur leur travail quotidien et sur leur moral.
Des économies limitées face à l’ampleur des dépenses
Meta présente cette vague de suppressions de postes comme une manière de compenser une partie de ses dépenses dans l’IA. Le groupe a engagé plus de 100 milliards de dollars de dépenses d’investissement cette année et ses dépenses totales pourraient atteindre 145 milliards de dollars à l’arrivée.
Le problème, c’est que les économies attendues paraissent modestes à cette échelle. Les analystes évoquent environ 3 milliards de dollars d’économies liées aux licenciements, soit une part limitée face aux montants que Meta prévoit encore d’engager dans ses infrastructures IA d’ici à la fin de la décennie.