Les arbres ne montent pas au ciel : malgré l’attachement d’une large partie des joueurs à la marque et malgré aussi une couverture médiatique pour le moins positive, les augmentations de tarifs de la PS5 auront fini par effrayer les acheteurs potentiels. Sony a en effet confirmé lors de sa dernière publication de résultats n’avoir écoulé que 1,5 million de PS5 au quatrième trimestre de son exercice fiscal 2025 (entre janvier et mars 2026), soit une chute de 46 % sur un an. Une baisse brutale, évidemment aggravée par la hausse du prix des composants mémoire qui a elle-même abouti aux récentes augmentations tarifaires de la console.
Une division PlayStation solide, mais un hardware en net recul
Sur l’ensemble de l’exercice, l’activité jeu de Sony reste quasiment stable. La division Game & Network Services a généré 4 690 milliards de yens (environ 28 milliards d’euros), contre 4 670 milliards de yens l’année précédente. Le bénéfice opérationnel progresse même de 12 %, à 463,3 milliards de yens (près de 2,8 milliards d’euros), porté notamment par les revenus du PlayStation Network. Sony précise toutefois que ces résultats s’inscrivent dans un contexte de change particulièrement favorable, ce qui signifie que sans cela le chiffre d’affaires aurait été en baisse plus ou moins légère.

La partie hardware ralentit en revanche fortement. La PS5 approche de sa sixième année de commercialisation, et son prix devient beaucoup plus difficile à défendre. Aux États-Unis, le modèle standard atteint désormais 650 dollars après la hausse de mars 2026, alors même que la logique veut que les prix baissent avec l’ancienneté de la machine. La « Rampocalypse » continue de faire des dégâts. 93,7 millions de PS5 ont été distribuées au niveau mondial (distribuées, pas forcément toutes vendues au client final donc), soit un retard conséquent de 3,2 millions de consoles sur la génération PS4.
Sony ajuste ses prévisions face à la crise mémoire
GTA VI attendu comme relais de croissance
Pour l’exercice 2026, Sony anticipe une baisse de 6 % du chiffre d’affaires de sa branche jeu, à 4 420 milliards de yens (environ 26,4 milliards d’euros.) Le groupe prévient : « Nous prévoyons de baser les ventes de PS5 en 2026 sur le volume de mémoire que nous pourrons obtenir à des prix raisonnables. » Sony laisse ici entendre que la baisse des vente ne serait due qu’à un manque de disponibilité de certains composants, une « explication » qui permet d’éviter de communiquer sur une forme de désaffection des acheteurs potentiels suite aux dernières hausse de tarifs.
La rentabilité pourrait toutefois progresser de 30 %, grâce à de meilleures ventes de jeux first-party et à l’absence de charges liées à Bungie, le studio étant lourdement affecté par les performances décevantes de Destiny 2. Sony compte évidemment sur Grand Theft Auto VI, attendu au mois de novembre 2026, pour redynamiser la demande.
La génération PS5 reste donc hautement rentable, mais son âge, son prix et les tensions actuelles sur la mémoire rappellent que Sony devra bientôt préparer l’étape suivante. A noter enfin que les résultats de la branche jeu vidéo de Sony intègrent ceux de l’ensemble du groupe, qui a signé une année 2025 record avec pas moins de 67,7 milliards d’euros de chiffre d’affaires (+ 4 %) sur l’ensemble de son exercice fiscal annuel, et un bénéfice net de 5,6 milliards d’euros (- 3 %)