Depuis plusieurs années, le système TRAPPIST-1 occupe une place centrale dans l’imaginaire de la recherche exoplanétaire. Mais un autre monde, plus discret (quoique…), pourrait bien s’imposer comme une cible encore plus prometteuse. Baptisée LHS 1140b, cette exoplanète située à environ 50 années-lumière de la Terre attire de plus en plus l’attention des astronomes qui la considèrent depuis quelques années comme un possible monde océanique tempéré, donc potentiellement favorable à la vie.
Une densité trop faible pour une simple planète rocheuse
Les nouvelles analyses de masse et de rayon ont profondément changé les perspectives sur cette exoplanète : LHS 1140b mesure environ 1,73 rayon terrestre et sa densité ne correspond plus au profil attendu d’une super-Terre strictement rocheuse. Une étude publiée dans The Astrophysical Journal Letters conclut qu’elle serait soit une mini-Neptune très appauvrie en hydrogène, soit un monde riche en eau, avec une fraction de masse en eau estimée entre 9 % et 19 %.

James Webb affine les données
Le scénario d’un monde océanique a gagné en crédibilité avec les premières données du télescope spatial James Webb. Une équipe a montré que le spectre de transmission de LHS 1140b est incompatible avec une atmosphère riche en hydrogène, ce qui renforce l’hypothèse d’une atmosphère plus dense, possiblement dominée par l’azote ou le dioxyde de carbone, au-dessus d’un océan liquide.
Pourquoi LHS 1140b paraît aujourd’hui plus séduisante que TRAPPIST-1
La comparaison avec TRAPPIST-1 revient naturellement. Plusieurs travaux récents ont rappelé combien les fortes éruptions des naines rouges très actives peuvent menacer la stabilité atmosphérique de leurs planètes. LHS 1140b orbite elle aussi autour d’une naine rouge, mais autour d’une étoile jugée moins agressive, ce qui améliore théoriquement ses chances de conserver une atmosphère et de l’eau en surface.
À ce stade, rien ne permet encore d’affirmer que LHS 1140b abrite bel et bien la vie. Mais dans la hiérarchie actuelle des mondes potentiellement habitables, elle monte clairement en puissance. Si les prochaines observations du JWST confirment une atmosphère stable et des signatures compatibles avec de l’eau liquide, cette exoplanète pourrait alors devenir l’une des meilleures candidates à la vie extra-terrestre.