La musique générée par intelligence artificielle occupe désormais une place importante dans les mises en ligne de Deezer, au point de représenter 44 % des morceaux, sans pour autant dominer l’écoute réelle. Ce décalage pousse la plateforme de streaming à durcir son filtrage, sa démonétisation et son étiquetage pour empêcher l’explosion de l’offre.

Deezer reçoit désormais près de 75 000 titres générés par IA par jour, soit 44 % de l’ensemble des mises en ligne quotidiennes. À ce rythme, la plateforme reçoit plus de deux millions de morceaux IA par mois.
Cette poussée ne se traduit pourtant pas par le même poids dans l’écoute. La consommation de musique générée par IA reste limitée à 1 à 3 % du total des streams, et 85 % de ces écoutes sont identifiées comme frauduleuses puis démonétisées par Deezer.
Le contraste est d’autant plus fort que la hausse a été brutale. Depuis le lancement de son outil de détection en janvier 2025, Deezer dit avoir vu le nombre quotidien de morceaux IA passer de 10 000 à 75 000 en un peu plus d’un an.
Deezer transforme sa détection IA en outil de marché
La plateforme ne se contente plus de mesurer le phénomène. En juin, elle est devenue la première et, à ce stade, la seule plateforme de streaming musical à étiqueter explicitement les morceaux générés par IA. Plus de 13,4 millions de titres IA ont ainsi été détectés et signalés sur Deezer en 2025.
Cette logique va au-delà du simple marquage. Les morceaux identifiés comme générés par IA sont exclus des recommandations algorithmiques et des playlists éditoriales, tandis que la technologie de détection vise déjà des modèles prolifiques comme Suno et Udio.
Deezer cherche aussi à étendre cette réponse au reste du secteur. L’entreprise commercialise désormais sa technologie sous licence et travaille sur une détection plus générale, capable d’identifier des contenus IA sans dépendre d’un jeu de données d’entraînement spécifique.
Ce positionnement s’appuie aussi sur un argument de transparence. Selon une étude commandée par Deezer, 97 % des personnes interrogées ne perçoivent pas la différence entre musique IA et musique humaine, tandis que 80 % jugent que les morceaux générés à 100 % par IA devraient être clairement signalés aux auditeurs.