Le bras de fer entre la justice française et Elon Musk se poursuit ce lundi 20 avril : le patron de X a été convoqué pour une audition libre à Paris dans le cadre d’une enquête qui, en quinze mois, a pris une ampleur considérable. Les juges voient large désormais et s’intéressent à l’algorithme de recommandation, à l’usage des données personnelles par X, aux contenus illicites, aux deepfakes sexuels et au fonctionnement même de la plateforme sur le territoire français. La totale.
Une enquête ouverte sur l’algorithme, puis élargie à d’autres accusations
À l’origine, les investigations portaient sur deux soupçons précis : une possible manipulation volontaire de l’algorithme afin d’influencer le débat public en France, et une potentielle utilisation frauduleuse de données personnelles à des fins publicitaires. Mais au fil des mois, l’affaire a pris une tout autre dimension, nettement plus problématique pour X si les faits étaient avérés. La justice se penchent ainsi sur la diffusion de contenus pédopornographiques et la prolifération de deepfakes sexuels générés via Grok, sans oublier l’avalanche de contenus antisémites et négationnistes sur X.

Cet élargissement du dossier montre à quel point la plateforme est désormais sur la sellette juridique en France, une réalité qui tranche avec la situation américaine, X étant protégé aux États-Unis par le 1er amendement… et les accointances de Musk avec l’administration MAGA.
Le refus de coopération de X aggrave encore le dossier
L’un des points les plus sensibles de l’enquête concerne l’attitude de X face aux demandes des magistrats. La plateforme aurait refusé de transmettre son algorithme aux enquêteurs, tout en dénonçant une procédure politiquement motivée. Elon Musk lui-même a publiquement attaqué les magistrats français (qu’il a traité d' »attardés mentaux ») , contribuant ainsi à transformer un dossier judiciaire complexe en un affrontement politique entre une plateforme globale et un État qui entend faire appliquer le droit.

La justice française cherche à se tester face aux géants du numérique
In fine, ce dossier dépasse la personne d’Elon Musk, et interroge la capacité réelle d’une juridiction nationale à enquêter sur des plateformes mondiales, hébergées ailleurs, gouvernées depuis les États-Unis et protégées par une culture juridique très singulière. En convoquant Musk et plusieurs cadres de X ce lundi, le parquet de Paris cherche autant à obtenir des réponses qu’à imposer un principe : même les grandes plateformes transnationales doivent répondre de leurs choix lorsqu’elles opèrent sur le territoire français.