Le piratage de contenus sportifs et culturels a reculé de 4 % en 2025 et de 34 % depuis 2021, selon le bilan annuel de l’Arcom. Le régulateur salue l’efficacité du durcissement progressif de la lutte anti-piratage, tout en reconnaissant que les VPN et IPTV gagnent du terrain pour voir illégalement du sport, des films et des séries TV. Le manque à gagner reste massif : 1,5 milliard d’euros pour les secteurs concernés et leurs diffuseurs, dont 300 millions d’euros pour le sport seul.

Plusieurs blocages pour les IPTV et le streaming illégal
La progression des blocages illustre la montée en puissance de l’Arcom. Depuis 2022, le régulateur a obtenu le blocage de 12 606 noms de domaine liés à des diffusions sportives non autorisées. 2025 représente à elle seule plus de la moitié de ce total avec 6 496 blocages, soit une hausse de 71 % sur un an. Sur le volet culturel, 2 583 sites miroirs ont été bloqués depuis 2022, dont 1 154 en 2025 (+37 % par rapport à 2024). Une part croissante de ces mesures cible spécifiquement les services d’IPTV, avec 391 noms de domaine bloqués.
Ces chiffres ne suffisent pas à convaincre les acteurs du secteur que les outils actuels sont à la hauteur. « Nous ne sommes pas assez efficaces, la France a pris du retard. Il est désormais vital et urgent que » la proposition de loi « soit examinée et adoptée par l’Assemblée », a martelé Emmanuel Eschalier, président de l’Association pour la protection des programmes sportifs (APPS).
Le texte en question, adopté par le Sénat en juin 2025, prévoit notamment l’instauration d’un mécanisme de blocage dynamique en temps réel des adresses IP diffusant illicitement des contenus sportifs, en complément des blocages de noms de domaine. L’Arcom le soutient activement. La ministre des Sports, Marina Ferrari, a fait état de « signaux positifs à la fois du côté de Matignon et de l’Élysée » et s’est dite « confiante quant à son inscription » au calendrier parlementaire d’ici juin, avec « l’objectif d’une entrée en vigueur dès la saison 2026-27 ». Aucune date n’a toutefois été officiellement annoncée pour son examen par l’Assemblée nationale.
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