Alors que Microsoft vient d’opérer une importante réorganisation interne, la marque Xbox se retrouve au cœur des interrogations. Les départs de Phil Spencer, figure historique de la division gaming et de Sarah Bond (pressentie initialement pour être son successeur), ainsi que la nomination d’Asha Sharma, ex-responsable produit de la branche CoreAI, sonnent comme un véritable bouleversement pour la marque noire et verte.
Dans ce contexte mouvementé, Seamus Blackley, co-créateur de la première Xbox, a exprimé ses inquiétudes quant à l’avenir de la marque. Selon lui, les activités qui ne sont pas directement liées à l’IA pourraient être progressivement reléguées au second plan, au point même qu’Asha n’aurait été nommée que pour enterrer définitivement Xbox.
Xbox menacée par la priorité donnée à l’intelligence artificielle ?
Blackley ne mâche pas ses mots et prévoit le pire pour Xbox : « Satya Nadella a pris des risques considérables et investi des sommes colossales, tant financières que psychologiques, dans la transformation du modèle d’avenir de l’IA. Xbox, comme beaucoup d’entreprises dont le cœur de métier n’est pas l’IA, est en voie de disparition. Ils ne l’avouent pas, mais c’est pourtant la réalité. Je m’attends à ce que la nouvelle PDG, Asha Sharma, joue un rôle de guide, accompagnant Xbox vers une fin de vie paisible, comme un médecin en soins palliatifs ».

Si ces propos n’ont pas manqué de faire réagir, on ne peut que regretter, une nouvelle fois, l’absence totale de recul, surtout dans les médias JV français, concernant des déclarations qui ne semblent pour l’instant s’appuyer sur rien de tangible.
Un avis très personnel… et très contestable
Certes, Asha Sharma n’est pas une férue de jeux vidéos… comme 99% des dirigeants des fabricants de consoles ou des gros éditeurs de JV, et l’on ne parle pas à leur sujet d’erreur de casting. Certes, Asha vient de l’IA, mais concernant Microsoft, les suppressions de postes relatives à l’IA concernent toutes ou presque des postes de programmeurs, pas de concepteurs (l’IA se débrouille très bien pour produire du code). Croire ou laisser croire que la conception du prochain Halo ou d’un futur gros projet AAA chez Xbox relèvera d’une IA, n’a absolument aucun sens en l’état actuel du marché. Surtout, Asha Sharma a clairement (et rapidement) confirmé l’arrivée d’une prochaine génération de consoles Xbox, ce qui ne colle pas vraiment avec le narratif d’un arrêt pur et simple de la division Xbox.
Un deux poids deux mesures systématique… et problématique
Pour rappel, sur la génération actuelle de consoles, PlayStation a déjà changé de patron, supprimé pas moins de 7 studios, essuyé son plus gros échec avec Concord et a dû annuler à la hâte d’une dizaine de projets GAAS… sans que les médias n’accumulent les gros titres sur « la fin de PlayStation ».

Il est bien sûr permis de ne plus croire les déclarations de la nouvelle dirigeante de Xbox à l’aune des multiples revirements de Phil Spencer, mais là encore, pourquoi ne pas être tout aussi intransigeant vis à vis des volte face d’un PlayStation, lorsque Jim Ryan déclarait « Nous, c’est les générations » ou vantait le soutien aux grandes créations AAA solo narratif de Sony… au moment même où PlayStation investissait des centaines de millions de dollars dans les GAAS ?
Qu’en penserait Ken Kutaragi ?
Croit-on aussi que Ken Kutaragi, à, l’instar d’un Blackley pour Xbox, serait particulièrement satisfait du virage vers les GAAS ou de la suppression de studios aussi importants que Japan Studios ou Bluepoint ? La différence étant ici que l’ancien patron de PlayStation a au moins l’élégance de ne pas pousser Sony sous le bus avec des avis n’engageant foncièrement que lui.
Et si enfin, au lieu de multiplier les FUD concernant Xbox, on laissait au moins le bénéfice du doute à la nouvelle patronne du groupe ? A moins que l’objectif réel ne soit de multiplier les prophéties funestes en espérant que ces dernières finissent par être autoréalisatrices…