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Le réseau publicitaire mondial pourrait avoir servi à surveiller des utilisateurs de Starlink à très grande échelle. Des chercheurs de TrendAI ont identifié une activité anormale concentrée sur le trafic du service Internet par satellite de SpaceX. Reuters relie désormais l’entité étudiée, baptisée SHADOW-EARTH-79, à Discover-Tech, une société israélienne déjà associée à la diffusion de logiciels espions.
Dans les données analysées, Discover-Tech aurait été le premier acheteur d’impressions publicitaires liées à Starlink dans 105 pays. L’entreprise représentait environ 12,9 % des enchères remportées sur ce trafic, contre seulement 2,6 % sur Internet en général.

La concentration atteint des niveaux particulièrement inhabituels : 91,3 % des impressions Starlink observées en Argentine, 89,1 % aux Philippines et 82,6 % au Japon. Des activités importantes apparaissent également dans des pays où Starlink est interdit ou fortement réglementé, ce qui pourrait permettre de repérer des utilisateurs cherchant à contourner les infrastructures Internet locales.
Le phénomène rappelle combien les données publicitaires peuvent révéler la position d’utilisateurs sensibles. Starlink est notamment employé clandestinement dans certains territoires où le service fonctionne hors des zones officiellement autorisées.
L’affaire inquiète d’autant plus que Citizen Lab avait récemment relié Discover-Tech à des publicités capables de distribuer un logiciel espion sans aucun clic. Au moins 45 appareils d’Al Jazeera auraient ainsi été infectés par le spyware Candiru.
UPDATE: Israeli company we caught delivering zero-click infections is #1 bidder on Starlink ads in 105 countries.
Data from @trendai_RSRCH suggests worldwide surveillance op targeting @Starlink users. 1/
By @razhael
https://t.co/uWFzemhgnL https://t.co/FxkDlK7Xo0— John Scott-Railton (@jsrailton) October 27, 2026
John Scott-Railton, chercheur au Citizen Lab, évoque désormais « une opération mondiale de surveillance visant les utilisateurs de Starlink ». Les chercheurs ne disposent toutefois d’aucune preuve publique montrant que les terminaux Starlink eux-mêmes ont été compromis.
L’enquête révèle surtout une faiblesse plus générale : les enchères publicitaires en temps réel diffusent suffisamment d’informations sur les appareils et leur localisation pour transformer une infrastructure de communication en un puissant outil de renseignement, sans même qu’il soit nécessaire de pirater directement le réseau satellitaire.
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