Le télescope spatial James Webb continue de nous livrer les particularités les plus intrigantes des exoplanètes les plus lointaines. Une équipe internationale menée par l’Université d’Arizona a observé WASP-107b, une planète gazeuse située à environ 200 années-lumière de la Terre, et découvert une asymétrie atmosphérique totalement inattendue entre ses régions est et ouest.
Une planète géante aussi légère qu’étrange
WASP-107b intrigue les astronomes depuis sa découverte en 2017. Sa taille est proche de celle de Jupiter, mais sa masse ne représente qu’environ un dixième de celle de la géante de notre système solaire. Cette faible densité lui vaut parfois le surnom de planète « barbe à papa » ou « super-puff », tant son atmosphère est étendue.

La planète est verrouillée gravitationnellement avec son étoile, ce qui signifie qu’une face reste en permanence tournée vers la lumière tandis que l’autre face demeure plongée dans la nuit. Les modèles prévoyaient certes déjà une météo extrême sur l’exoplanète, mais pas une différence aussi nette entre les deux bords de son atmosphère. Une nouvelle fois, la précision de James Webb apporte de nouvelles données sur des objets spatiaux pourtant étudiés depuis des années.
James Webb observe une asymétrie encore jamais vue
La spectroscopie de transmission révèle les nuages
Pour étudier WASP-107b, les chercheurs ont utilisé la spectroscopie de transmission. Lorsque la planète passe devant son étoile, une partie de la lumière traverse son atmosphère et révèle la signature des gaz, des brumes et des nuages.
Matthew Murphy, l’auteur principal de l’étude, souligne qu’il s’agit de « la première fois que l’asymétrie est-ouest d’une exoplanète est observée depuis l’espace pendant son transit ». Les données montrent des différences de température et de structure nuageuse, signe d’une circulation atmosphérique particulièrement complexe.