L’Indonésie a décidé de lever l’interdiction visant Grok, le chatbot développé par xAI, rejoignant ainsi la Malaisie et les Philippines qui avaient déjà assoupli leur position. Cette volte-face intervient après plusieurs semaines de controverse liées à l’utilisation de l’outil pour générer des images sexuelles non consenties, y compris de femmes réelles et de mineurs.
Une levée conditionnelle de l’interdiction
Dans un communiqué officiel, le ministère indonésien de la Communication et des Affaires numériques indique avoir pris cette décision après réception d’un courrier de X détaillant « des mesures concrètes pour améliorer le service et prévenir les abus ». Toutefois, Alexander Sabar, directeur général de la surveillance de l’espace numérique, précise que l’autorisation reste « conditionnelle » et pourrait être retirée « en cas de nouvelles violations constatées ».

Une controverse mondiale autour des deepfakes
Selon plusieurs analyses indépendantes, plus de 1,8 million d’images sexualisées auraient été générées via Grok en quelques semaines fin 2025 et début 2026. Cette affaire a déclenché enquêtes et critiques dans de nombreux pays. Aux États-Unis, le procureur général de Californie Rob Bonta a notamment confirmé l’ouverture d’investigations et l’envoi d’une mise en demeure à xAI.
Face à la pression, l’entreprise a restreint certaines fonctionnalités, notamment la génération d’images, désormais réservée aux abonnés payants. Elon Musk a affirmé que « toute personne utilisant Grok pour produire du contenu illégal s’exposera aux mêmes conséquences que si elle publiait ce contenu directement » et assure ne pas avoir connaissance « d’images nues de mineurs générées par l’outil ».
Cette réouverture progressive de Grok en Asie du Sud-Est illustre le difficile équilibre que les géants de l’IA sont emmenés à trouver, entre innovation en intelligence artificielle et impératifs de protection des utilisateurs.