La Commission européenne travaillerait sur un nouveau cadre législatif visant à renforcer la souveraineté technologique de l’Union, dans un contexte de tensions commerciales croissantes avec les États-Unis. Selon plusieurs responsables européens, l’objectif ne serait pas d’exclure les entreprises américaines du marché européen, mais de réduire les dépendances stratégiques de l’Europe dans des secteurs jugés critiques comme le cloud, l’intelligence artificielle et les infrastructures numériques.
La souveraineté technologique devient une priorité stratégique
À Bruxelles, la notion de souveraineté numérique s’impose désormais comme un axe majeur de la politique industrielle. L’inquiétude principale concerne la possibilité d’actions unilatérales américaines pouvant limiter l’accès de l’Europe à des services essentiels, qu’il s’agisse de centres de données, de logiciels professionnels ou de plateformes cloud. Dans un contexte de plus en plus tendu entre les USA et ses alliés (ou ex-alliés), l’Union cherche à bâtir un écosystème technologique plus autonome, capable de soutenir ses entreprises et ses administrations sans dépendre excessivement d’acteurs étrangers.

Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne
Début janvier, la Commission a d’ailleurs lancé une initiative baptisée « Open Digital Ecosystem Strategy », destinée à favoriser l’émergence de solutions européennes dans les domaines du cloud, de l’IA et des systèmes d’exploitation mobiles. Des entreprises comme la française Mistral spécialisée en intelligence artificielle sont déjà perçues comme des piliers potentiels de cette stratégie.
L’ASML, atout clé dans l’équation européenne
Un autre levier majeur réside dans la position unique du groupe néerlandais ASML, seul fabricant mondial de machines de lithographie avancées indispensables à la production de puces de nouvelle génération. Son rôle central dans la chaîne mondiale des semi-conducteurs confère à l’Europe une influence stratégique considérable, notamment face aux États-Unis et à l’Asie.

Au-delà des institutions, cette dynamique trouve aussi un écho dans l’opinion publique européenne, avec une montée des initiatives favorisant les alternatives locales aux grandes plateformes américaines. Si le défi reste immense, notamment dans le cloud et les réseaux sociaux, cette volonté politique marque un tournant majeur : l’Union européenne semble désormais déterminée à passer d’un rôle de régulateur à celui d’acteur industriel capable de peser dans la bataille mondiale du numérique.
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