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La CNIL sanctionne deux sociétés du groupe Fnac Darty pour avoir utilisé des cookies sur l’application mobile de la Fnac sans le consentement préalable des utilisateurs. Ces outils collectaient notamment l’historique de navigation pour personnaliser les recommandations de produits et alimenter leur algorithme. Le groupe conteste l’interprétation juridique retenue par l’autorité.

La sanction de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) se répartit entre 6 millions d’euros pour FNAC DARTY PARTICIPATIONS ET SERVICES et 1 million d’euros pour FNAC DIRECT, la filiale qui exploite notamment le site et l’application mobile de l’enseigne.
L’affaire trouve son origine dans une plainte de l’association de défense des libertés numériques NOYB. En mars 2024, la CNIL avait contrôlé l’application mobile de la Fnac et avait constaté que des cookies étaient utilisés sans le consentement des personnes concernées. Selon l’autorité, ces traceurs permettaient de suivre l’activité des utilisateurs et de collecter des informations sur les produits consultés
Concrètement, l’application envoyait des requêtes vers un domaine tiers par l’intermédiaire d’une API. Ces requêtes contenaient un identifiant attribué à l’utilisateur ainsi que des informations sur son activité, notamment les produits qu’il avait consultés.
Ces données servaient à afficher des recommandations personnalisées : produits similaires à ceux recherchés, accessoires, consommables ou services associés à des articles consultés ou achetés. Elles contribuaient également à l’entraînement de l’algorithme de recommandation.
Pour la CNIL, ces traitements ne bénéficiaient d’aucune exemption au consentement prévue par l’article 82 de la loi Informatique et Libertés. La personnalisation commerciale n’est pas considérée comme strictement nécessaire au fonctionnement du service demandé par l’utilisateur. Le fait de proposer une expérience plus pertinente ne suffit donc pas à autoriser le dépôt ou l’utilisation de cookies sans accord préalable.
Contactée par l’AFP, Fnac a déclaré contester « l’analyse juridique sur le fond » et se réserver la possibilité d’exercer des recours. L’entreprise estime que les fonctionnalités en cause relèvent de son service de conseil et de recommandation, et non de la publicité ciblée. Elle évoque une divergence d’interprétation concernant l’application de l’article 82 et affirme faire évoluer ses dispositifs pour tenir compte des demandes de la CNIL.
Au-delà de l’amende, la CNIL a ordonné aux deux sociétés de démontrer dans un délai d’un mois après notification de la décision que leur nouvel outil permet bien de recueillir le consentement lorsque celui-ci est nécessaire. En cas de retard, elles s’exposent à une astreinte de 10 000 euros par jour.
Cette décision s’inscrit dans une surveillance soutenue des pratiques liées aux cookies publicitaires et commerciaux. En 2025, la CNIL avait notamment sanctionné Google à hauteur de 325 millions d’euros et Shein à hauteur de 150 millions d’euros pour des manquements à la réglementation sur les cookies.
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