Ne manquez plus aucune de nos publications :
Des ingénieurs de l’Université du Massachusetts à Amherst ont intégré des cellules cardiaques humaines à un maillage électronique souple capable de convertir leurs contractions en électricité. Ce dispositif biohybride, testé uniquement en laboratoire, produit une alimentation continue et distribuée qui pourrait un jour réduire la dépendance aux batteries dans certains capteurs portés sur le corps ou implants.

Le cœur du système est une plateforme polymère ultrafine et flexible portant de minuscules rubans de PZT, un matériau piézoélectrique à base de zirconate-titanate de plomb. Un matériau piézoélectrique produit une tension lorsqu’il est déformé. Les chercheurs ont ensuite cultivé des cellules cardiaques humaines sur cette trame ; en se développant, elles se sont insérées autour du maillage et de ses éléments actifs.
Lorsque les cellules se contractent, leur mouvement déforme les rubans. L’énergie mécanique est alors convertie en courant électrique. La nouveauté ne tient donc pas à l’existence de cellules qui battent en culture ni à celle d’un capteur flexible, mais à leur intégration dans un matériau qui ressemble mécaniquement à un tissu tout en assurant la fonction de générateur.
L’équipe présente cette architecture comme une alimentation distribuée. Une batterie fournit l’énergie depuis un bloc central, alors que le nouveau maillage la récolte en de nombreux points, au plus près des cellules. Dans l’étude évaluée par les pairs publiée le 7 octobre dans Science Advances, le dispositif atteint une densité de puissance dix fois supérieure à celle de systèmes centralisés utilisés comme référence par les auteurs.
Le support est suffisamment mince pour que plusieurs films puissent être superposés. Cet empilement augmente la puissance disponible sans créer immédiatement le volume rigide d’une batterie classique. À long terme, un tel principe pourrait alimenter des capteurs qui suivent l’activité d’un tissu, des dispositifs portables très souples ou de petites fonctions électroniques implantables.
Cette perspective répond à un problème réel. Les stimulateurs cardiaques, défibrillateurs implantables, implants cochléaires et stimulateurs cérébraux ont tous besoin d’une source d’énergie. Les batteries occupent de la place, finissent par s’épuiser et peuvent imposer une intervention pour être remplacées. Un générateur qui exploite les mouvements naturels d’un tissu serait particulièrement intéressant pour des appareils dont la consommation est faible et intermittente.
Mais le prototype n’a pas été implanté dans un animal ni chez un humain. Il associe des cellules humaines cultivées in vitro à un maillage expérimental. L’équipe doit encore démontrer la stabilité sur la durée, la quantité d’énergie réellement utilisable par un circuit complet, la résistance aux cycles répétés et la compatibilité avec un environnement biologique complexe.
Le choix du PZT soulève aussi une question de matériaux. Ses performances piézoélectriques sont bien connues, mais il contient du plomb. Une future application médicale devra empêcher toute exposition des tissus, valider l’encapsulation et respecter des exigences de sécurité bien plus strictes que celles d’une expérience de laboratoire.
Le projet s’inscrit dans une série de recherches de l’UMass Amherst sur les interfaces entre cellules et électronique. La même équipe a déjà mis au point un maillage capable de grandir avec du tissu cardiaque et de mesurer simultanément ses signaux électriques et ses mouvements. La nouvelle version ajoute la récupération d’énergie à cette logique d’intégration douce.
Cette proximité pourrait limiter les contraintes mécaniques imposées aux cellules. Un dispositif épais ou rigide ne se déforme pas comme un tissu vivant et peut déclencher une réaction de rejet. Un film souple qui suit les contractions répartit les efforts sur une plus grande surface, même si cette hypothèse devra être évaluée dans des études biologiques longues.
KultureGeek avait récemment présenté un cœur robotique conçu pour reproduire l’insuffisance cardiaque. Le maillage de l’UMass suit une voie différente : il ne simule pas l’organe, mais transforme directement l’activité de cellules cardiaques en source électrique. Pour passer du démonstrateur au composant médical, il faudra encore intégrer stockage, régulation et électronique de commande, puis mesurer l’énergie nette disponible une fois toutes ces fonctions ajoutées.
Meta prend position dans le secteur déjà très concurrentiel de la robotique humanoïde. Le géant ru réseau social...
Anthropic veut empêcher son intelligence artificielle de devenir une machine à cloner les jeux vidéo. Le géant de l’IA a...
Pour Sam Altman, le patron d’OpenAI, les ordinateurs mobilisent une ressource dont l’industrie de l’intelligence artificielle manque...
Dans une salle de bains, le rasoir électrique fait partie de ces appareils dont on attend surtout qu’ils simplifient le quotidien....