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HIGEN RNM a dévoilé une famille de six actionneurs standardisés destinée aux articulations des robots humanoïdes. Présentée le 31 août sous le nom de Human-Friendly Actuator Platform, l’architecture couvre des couples de 60 à 348 Nm afin d’équiper aussi bien le cou et les poignets que les genoux et les hanches. Son objectif est de rapprocher la commande, la mesure et la réaction mécanique au niveau de chaque articulation.
Le fabricant sud-coréen annonce une réponse locale en moins de 100 millisecondes lorsqu’une perturbation est détectée. Au lieu d’attendre systématiquement un aller-retour avec l’ordinateur central du robot, l’articulation peut ajuster sa force ou sa raideur à partir de ses propres capteurs. Cette caractéristique est présentée comme un moyen d’améliorer la réactivité au contact d’une personne ou face à un mouvement imprévu. Les chiffres restent néanmoins ceux de HIGEN RNM ; les données complètes et les démonstrations d’application doivent être présentées au CES 2027.
Une courte vidéo officielle montre l’architecture et les usages visés par l’entreprise.
Un humanoïde peut disposer d’un excellent système de vision et d’un modèle capable de planifier une tâche, mais chaque décision doit finir par devenir un mouvement physique. L’actionneur réunit pour cela un moteur, une transmission, des capteurs et une électronique de commande. Sa taille, son poids, son jeu mécanique et sa capacité à céder sous un effort extérieur déterminent une grande partie du comportement réel du robot.
HIGEN RNM associe ici un moteur à flux axial AFPM, un réducteur planétaire composé 3K, deux encodeurs et une électronique embarquée. Les encodeurs mesurent le mouvement à deux endroits du mécanisme. En croisant leurs données avec le courant du moteur, la commande peut estimer les forces extérieures sans capteur de couple dédié dans chaque articulation. Cette approche peut réduire le nombre de composants, mais sa précision dépend du modèle mécanique, de la température, du frottement et de l’étalonnage.
Les six formats doivent permettre aux fabricants de réutiliser une même base sur plusieurs parties du corps. Le poignet n’exige pas le couple d’une hanche, mais les outils de communication, les principes de contrôle et certains composants peuvent rester communs. Cette standardisation vise moins à créer un robot complet qu’à raccourcir le passage d’un prototype unique à une série de machines réparables et reproductibles.

HIGEN RNM affirme que son architecture réduit le volume de l’actionneur de 30 % tout en augmentant sa densité de couple de 30 % dans ses conditions de référence. Le réducteur aurait atteint un couple de rétro-entraînement inférieur à 1 Nm. Un faible effort de rétro-entraînement facilite le mouvement de l’articulation lorsqu’une force extérieure s’exerce sur elle, propriété utile pour absorber un contact ou enseigner un geste au robot en le guidant à la main.
Ces pourcentages ne peuvent pas encore être traités comme un classement face à toutes les solutions concurrentes. Le communiqué ne fournit pas le modèle de comparaison, les dimensions détaillées, la masse, le rendement, l’échauffement continu ni la durée de vie sous charge. Une articulation peut exceller pendant un mouvement court et perdre une partie de ses performances lorsqu’elle répète la tâche pendant plusieurs heures. Le CES devra donc apporter des courbes, des cycles de test et des démonstrations mesurables.
La réponse annoncée sous les 100 ms mérite la même prudence. Elle décrit une boucle locale, pas le temps total nécessaire à un robot pour voir un obstacle, comprendre la situation et immobiliser tout son corps. La sécurité dépend de plusieurs couches : capteurs externes, commande centrale, limites de vitesse, freinage, architecture électrique et organisation du poste de travail. Un réflexe rapide dans une articulation constitue une brique utile, mais pas une certification globale de sécurité.

HIGEN RNM indique avoir déposé trois demandes de brevet en Corée du Sud sur la mesure et le contrôle adaptatif de force. Un dépôt ne prouve ni la nouveauté définitivement reconnue ni la performance industrielle. L’entreprise précise également avoir intégré les exigences de la norme ISO 13849-1 à son processus de conception et poursuivre les certifications CE et UL. Ces certifications ne sont donc pas obtenues à ce stade.
Cette distinction est importante si les actionneurs doivent équiper des machines travaillant près du public. La conformité européenne ne se résume pas à un composant : le constructeur du robot final doit analyser l’ensemble des risques et documenter son système. De la même manière, les capacités d’un joint ne suffisent pas à transformer automatiquement un prototype en robot d’usine déployable ou en assistant domestique.
Le communiqué de HIGEN RNM présente ainsi une plateforme matérielle concrète, mais encore au début de sa validation publique. Les couples couverts, l’intégration locale et la modularité répondent à un vrai problème de l’industrie humanoïde : produire des articulations compactes en quantité sans réinventer chaque axe. Les performances indépendantes, le prix, la disponibilité et les certifications décideront maintenant si cette famille devient un standard utilisé par d’autres constructeurs ou reste une architecture prometteuse exposée au CES.
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