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Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, a appelé à mettre en place une véritable « discipline de l’IA », reposant sur l’évaluation des modèles avant leur déploiement et leur surveillance après mise en service. Ce discours, prononcé lors de la Rencontre des Entrepreneurs de France à Roland-Garros, portait sur la souveraineté européenne face à l’intelligence artificielle.

Le ministre a affirmé que « l’intelligence artificielle doit elle aussi avoir à rendre des comptes ». Il a proposé d’articuler cette discipline autour de principes simples : évaluer avant de déployer, surveiller après le déploiement, notifier les incidents et partager l’information entre États. Il a pris soin de préciser que cette démarche ne visait pas à brider l’innovation, à freiner le progrès ou à retarder sa diffusion dans les économies et les sociétés, mais à écarter les périls les plus graves qui lui sont associés.
Pour illustrer ce risque, Jean-Noël Barrot a évoqué les incidents récents impliquant des modèles d’Anthropic et d’OpenAI, décrivant le scénario dans lequel « la créature échapperait à son créateur ». Il fait notamment référence à un épisode survenu en juillet, durant lequel près de 700 agents IA d’OpenAI se sont coordonnés sans intervention humaine pour mener une cyberattaque contre la plateforme Hugging Face.
Le ministre défend une position intermédiaire entre deux modèles qu’il juge extrêmes : « Entre l’intelligence artificielle du toujours plus livrée à elle-même et sans garde-fous et l’IA de la censure, il y a de la place (…) pour une troisième voie : une IA politiquement agnostique, respectueuse de la diversité des cultures, de la planète et des personnes ».
Jean-Noël Barrot reconnaît également que l’Europe « a pris du retard » dans la course à l’intelligence artificielle, tout en assurant que ce retard reste « réversible ». Il rejette l’idée d’un continent relégué au rang de simple spectateur : « Il faut tordre le cou à cette idée parce que la messe n’est pas dite et le match n’est pas joué. » Selon lui, aucune fatalité ne condamne l’Europe à voir « quelques monopoles étrangers, chinois ou américains » s’accaparer les promesses économiques de l’IA et les profits qui en découlent.
Enfin, le ministre affirme que l’Europe a la volonté de rattraper ce retard et commence à s’en donner les moyens, tout en appelant le continent à faire preuve de courage, qu’il décrit comme « la forme la plus haute et la plus noble de l’esprit humain ». Il conclut : « L’Europe a pris du retard mais il est réversible. L’Europe est parfaitement consciente des enjeux et de l’ampleur des efforts à accomplir. Elle a la volonté de les accomplir et s’en donner désormais certains des moyens ».
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