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La Commission européenne annonce avoir approuvé le rachat d’Electronic Arts (EA) par un consortium mené par le fonds d’investissement public saoudien, pour un montant de 55 milliards de dollars. Cette opération constitue le plus gros rachat d’entreprise par endettement jamais réalisé dans l’industrie du divertissement.

Le montage financier repose sur une acquisition majoritairement financée par l’emprunt, une technique qui permet à un groupe d’investisseurs de racheter une entreprise en s’appuyant surtout sur la dette plutôt que sur des fonds propres. Trois acteurs pilotent l’opération : le fonds d’investissement public (PIF) saoudien, la société de capital-investissement Silver Lake et Affinity Partners. Cette alliance met la main sur un éditeur qui produit et distribue des jeux vidéo sur mobile, PC et consoles, tout en organisant des compétitions e-sport, comme l’indique la Commission européenne dans son annonce.
Les actionnaires d’Electronic Arts ont validé l’opération en décembre dernier, ouvrant la voie à l’examen réglementaire européen. Ce 23 juillet, la Commission a tranché : le rachat ne menace pas la concurrence sur le marché du jeu vidéo et rien ne s’oppose donc à sa finalisation. L’Europe n’a examiné qu’un seul angle, celui de l’impact concurrentiel, sans se prononcer sur les autres dimensions de la transaction.
Ce rachat s’inscrit dans une stratégie saoudienne bien plus large. Le PIF, via sa filiale Savvy Games Group, détient déjà des participations chez Activision Blizzard, Capcom, Embracer et Nintendo, ainsi qu’une part de 97 % dans le studio SNK, auteur de Fatal Fury : City of the Wolves sorti l’année dernière. Electronic Arts devient ainsi le trophée le plus onéreux d’un portefeuille qui couvre déjà une large partie de l’industrie mondiale du jeu vidéo.
Cette montée en puissance financière n’a pas manqué de susciter des oppositions. Des syndicats du secteur, dont Communications Workers of America, ont demandé à la FTC américaine de s’opposer à l’opération, tandis que des défenseurs des droits humains dénoncent une opération de sportswashing destinée à améliorer l’image de l’Arabie saoudite et à attirer des investissements étrangers. Le souvenir du meurtre de Jamal Khashoggi, qui avait provoqué une indignation internationale, alimente ces critiques. La présence de Jared Kushner, gendre de Donald Trump et dirigeant d’Affinity Partners, ajoute une dimension politique supplémentaire à un dossier déjà scruté par les autorités américaines.
Aucun mécanisme réglementaire, ni européen ni américain, n’a jusqu’ici bloqué la transaction sur des critères autres que concurrentiels. Le rachat semble donc bien parti pour se finaliser, bien qu’il reste quelques étapes.
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