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La Corée du Sud va engager 1 800 000 milliards de wons, soit plus de 1 000 milliards d’euros, sur 10 ans pour bâtir de nouvelles usines de semi-conducteurs et accroître massivement sa capacité en data centers dédiés à l’intelligence artificielle. Le gouvernement veut consolider la domination de Samsung et SK Hynix dans la mémoire tout en créant un nouveau pôle industriel loin de Séoul.

Le programme se divise en deux blocs. D’un côté, 800 000 milliards de wons (455 milliards d’euros) financeront quatre usines, à savoir deux pour Samsung et deux pour SK Hynix, ainsi que les infrastructures associées. De l’autre, 1 000 000 milliards de wons (568 milliards d’euros) seront consacrés à des data centers pour l’intelligence artificielle d’ici 2035, avec 10 GW de capacité supplémentaire pour porter le total national à 18,4 GW.
L’ampleur de l’effort dépasse les précédentes annonces industrielles du pays. Fin 2025, Samsung avait déjà avancé un plan de 450 000 milliards de wons (256 milliards d’euros) et Hyundai Motor un programme de 125 000 milliards de wons (71 milliards d’euros). Avec ce nouveau projet, la Corée du Sud change clairement d’échelle et traite les semi-conducteurs et l’IA comme une priorité industrielle centrale.
Kim Jung-kwan, ministre de l’industrie, assume cette logique de puissance. « Grâce à cela, nous conserverons une position de leader écrasante sur le marché et un avantage technologique décisif dans le secteur des semi-conducteurs de mémoire », affirme-t-il. Le ministère veut aussi prendre les devants sur les marchés à plus forte croissance, notamment les semi-conducteurs IA en périphérie, les mémoires de nouvelle génération et les puces liées à la défense.
Le gouvernement veut installer une partie de cette montée en puissance dans le Honam au sud-ouest du pays. L’objectif est d’établir une deuxième base de production en dehors de la métropole de Séoul afin de mieux répartir l’appareil industriel et d’exploiter un accès plus favorable aux énergies renouvelables. Ce choix colle aussi aux besoins croissants des groupes technologiques en électricité bas carbone.
Pour accélérer le chantier, la Corée du Sud promet un traitement administratif allégé. « Les délais d’obtention des permis et de construction seront considérablement réduits afin d’augmenter rapidement les capacités de production », annonce Kim Jung-kwan. Le gouvernement veut manifestement éviter que la bureaucratie ne ralentisse un plan conçu comme une réponse directe à la bataille mondiale sur les puces et l’IA.
Le pari reste toutefois exigeant sur le terrain. Le Honam offre un avantage énergétique et foncier, mais il ne dispose pas naturellement du même réservoir de talents et de savoir-faire que la région de Séoul. La réussite du projet dépendra donc autant de la construction et des capitaux que de la capacité de la Corée du Sud à attirer et former une main-d’œuvre hautement qualifiée loin de son centre technologique historique.
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