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Détectée le 19 juin, un piratage visant l’Insee a provoqué la fuite des données professionnelles de 12 800 agents et ex-agents. L’institut affirme que ses bases statistiques n’ont pas été compromises, mais l’incident alourdit une séquence déjà critique pour la cybersécurité de l’État français.

L’attaque a exposé des identités et des coordonnées professionnelles, sans toucher, selon l’Insee, aux mots de passe, aux numéros de sécurité sociale ni aux données bancaires. L’établissement, rattaché au ministère de l’Économie, précise aussi que l’incident n’a « pas révélé de compromission des données collectées par l’Insee auprès des entreprises ou des personnes ».
Le risque immédiat se déplace vers l’ingénierie sociale. Avec des coordonnées professionnelles en circulation, des attaquants peuvent tenter d’usurper l’identité d’agents de l’Insee pour pousser particuliers et entreprises à répondre à de faux messages, notamment autour du répertoire Sirene.
L’Institut national de la statistique et des études économiques appelle donc à « la plus grande prudence en cas de réception d’un message qui semblerait provenir d’un agent de l’Insee ». Il rappelle aussi qu’il ne demande jamais de payer pour une inscription ni de communiquer des informations bancaires ou des mots de passe. L’Insee ajoute qu’une plainte a également été déposée auprès du procureur de la République.
Cette cyberattaque ne ressemble plus à un incident isolé. Elle s’inscrit dans une succession de piratages qui frappent les infrastructures numériques publiques à un rythme inhabituel, entre l’attaque de l’Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) à la fin avril, la messagerie Tchap et la fuite annoncée le 16 juin sur Jeveuxaider.gouv.fr, où 550 000 comptes ont été compromis sur la plateforme dédiée au bénévolat.
L’accumulation de ces dossiers nourrit l’idée d’une fragilité plutôt que d’une série de cas séparés. En quelques semaines, les hackers ont visé des services liés aux titres sécurisés, aux échanges internes de l’administration, au bénévolat public et désormais à la partie statistique de l’État.
Face à cette dégradation, le gouvernement a annoncé la création d’une Autorité du numérique et de l’intelligence artificielle de l’État.
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