Le premier baromètre d’audience des intelligences artificielles publié par l’Arcom dresse un état des lieux en France : 33 millions de Français, soit plus de la moitié de la population, ont utilisé un assistant IA en avril 2026, une audience multipliée par sept en trois ans, au bénéfice quasi exclusif de ChatGPT.

ChatGPT domine largement en France
La domination d’OpenAI en France est sans appel, avec ChatGPT qui capte à lui seul 76 % du temps total passé sur les assistants IA en France, laissant des parts résiduelles à ses concurrents : Claude d’Anthropic à 5 %, Gemini de Google à 4 %, Perplexity à 3 %, Microsoft Copilot à 2 %, Mistral à 1 % et Grok à 1 % également. Cette domination s’est même renforcée récemment, l’audience de ChatGPT progressant de 43 % depuis juillet 2025, contre une moyenne sectorielle de 34 %. En volume, le service d’OpenAI est passé de 15 000 visiteurs uniques moyens au premier semestre 2025 à près de 22 000 au second semestre.

Les chiffres globaux témoignent d’une adoption massive et rapide. En avril 2026, les Français ont cumulé 57 millions d’heures sur les 51 assistants IA passés au crible par l’Arcom, pour un temps moyen individuel de 1h38 par mois au second semestre de 2025. Plus de 80 % de ces usages s’effectuent sur mobile, confirmant que l’IA conversationnelle s’est installée dans les gestes quotidiens. Le taux d’adoption atteint 70 % chez les moins de 25 ans, contre une moyenne nationale déjà élevée.
Les adolescents ont un usage radicalement différent
Derrière ces statistiques globales se cache un phénomène que le baromètre met en lumière : les 12-17 ans consacrent près de 16 heures par mois aux plateformes de compagnons virtuels, ces services simulant des interactions sociales et affectives avec des personnages générés par IA, contre environ une heure seulement sur ChatGPT. L’écart est plus que notable et révèle deux usages qui n’ont pratiquement rien en commun : là où les adultes sollicitent l’IA comme un outil productif, les adolescents y cherchent une présence, voire un substitut relationnel.
Malgré l’ampleur de cette croissance, le baromètre de l’Arcom invite à relativiser le poids réel de l’IA dans le paysage numérique global. Le temps passé sur ces services ne représente encore que 1 % du temps total consacré à Internet en France, un niveau d’attention strictement équivalent à celui accordé aux sites d’actualité. Cette proportion est d’autant plus notable que l’IA a d’ores et déjà dépassé les moteurs de recherche en temps d’utilisation, signalant un glissement des usages informationnels dont les effets sur l’économie de l’attention restent encore largement à mesurer.