Emmanuel Macron et le président sud-coréen Lee Jae-myung coprésideront en septembre un sommet international consacré au cinéma, aux séries et aux jeux vidéo. Cela intervient au moment où l’industrie culturelle est confrontée à la fois à la mutation technologique, à la fragilité des salles et à l’irruption de l’intelligence artificielle.

Les films, séries et jeux vidéo au programme
Le Cinema & Moving Image Summit se tiendra le 7 septembre à la Fondation Maeght à Saint-Paul de Vence. Lee Jae-myung se rendra en France à cette occasion dans le cadre d’une visite d’État.
Environ 100 décideurs et créateurs venus du monde entier sont attendus. Le rendez-vous doit réunir des dirigeants de grands groupes, des cinéastes, des talents, des responsables publics, des représentants du cinéma d’auteur ainsi que des acteurs de l’éducation à l’image.
Le programme montre que l’ambition dépasse largement le seul cinéma. Les discussions porteront sur l’avenir de l’exploitation en salles, la convergence entre télévision, streaming et jeu vidéo, la préservation du patrimoine, la production durable et l’intelligence artificielle.
Gaëtan Bruel, président du CNC, décrit ce moment comme un basculement historique. « Nous vivons un moment aussi décisif que l’invention du cinéma par les frères Lumière il y a 130 ans », affirme-t-il à Variety, avant d’ajouter : « Les défis sont immenses, mais rien n’est écrit d’avance : ce moment de crise peut être un moment de réinvention, à condition d’être proactifs et unis ».
Son analyse donne le sens politique du sommet. « Aux débuts, le cinéma a été inventé par des créateurs et des entrepreneurs. Aujourd’hui, une nouvelle dimension s’ajoute : nous avons besoin d’une gouvernance mondiale de notre secteur à la hauteur des défis qui viennent », plaide-t-il.
La France et la Corée du Sud misent sur une alliance culturelle
Le choix d’une coprésidence franco-sud-coréenne n’a rien d’anecdotique. Les deux pays partagent une forte histoire cinématographique, des industries locales dynamiques et une vision proche de l’importance de l’auteur.
La Corée du Sud s’est aussi imposée sur le terrain des séries, avec plusieurs succès mondiaux sur les plateformes, dont Squid Game sur Netflix. Le mois dernier, le pays était d’ailleurs l’invité d’honneur du festival Séries Mania à Lille, au moment du 140e anniversaire des relations diplomatiques entre la France et la Corée du Sud.
Cette proximité n’efface pas les tensions économiques qui frappent le secteur. La France comme la Corée du Sud ont vu leurs marchés de salles de cinéma fragilisés après la pandémie du Covid-19 et la Corée du Sud, autrefois cinquième territoire mondial du cinéma, a vu son box-office chuter de plus de moitié entre 2019 et 2024.
Le sommet intervient alors que la Corée du Sud continue de peser symboliquement dans le cinéma mondial. Bong Joon-ho a marqué l’histoire avec Parasite, Palme d’Or puis Oscar du meilleur film, du meilleur réalisateur, du meilleur film international et du meilleur scénario original en 2020.
Cette année, un autre grand nom sud-coréen, Park Chan-wook, présidera le jury du Festival de Cannes. Dans ce contexte, le sommet voulu par Emmanuel Macron et Lee Jae-myung doit aussi servir de vitrine à deux pays qui entendent peser dans les débats mondiaux sur l’avenir de l’image.
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