Le projet avait tout d’un symbole : un véhicule électrique conçu comme une extension du salon, avec écrans à bord, services connectés et même des ambitions de divertissement avec évidemment la PlayStation en tête de proue. Oui mais voilà, les temps sont durs : Sony Honda Mobility (SHM), la coentreprise de Sony et Honda, vient d’annoncer l’arrêt du développement et du lancement de l’Afeela 1 (ex Vision-S), ainsi que d’un second modèle Afeela encore en préparation. Les réservations déjà enregistrées aux États-Unis (Californie) seront intégralement remboursées.
Une vitrine technologique qui s’éteint
Présentée comme une vitrine du « software-defined vehicle », l’Afeela devait marier cockpit numérique, assistant vocal, intégrations d’apps (dont la visioconférence) et même des briques d’IA générative. SHM évoquait aussi, à terme, des capacités de conduite autonome de niveau 4 sur routes urbaines et autoroutes. Un positionnement extrêmement premium, pensé pour se différencier d’une concurrence déjà dense sur le segment des EV connectés.

Préproduction, précommandes… puis arrêt brutal
La marque avait encore montré une version de préproduction récemment, et un concept de SUV était même dans les cartons. Mais la dynamique s’est brisée net : selon SHM, la décision s’inscrit dans le sillage de la réévaluation de la stratégie d’électrification de Honda, qui impacterait la disponibilité de certaines technologies et actifs initialement prévus pour le programme. « Compte tenu de ce changement, SHM a déterminé qu’elle ne disposait pas d’une voie viable pour commercialiser les modèles comme prévu initialement » précise le communiqué.
Un signal négatif pour l’automobile « hyper-tech »
Ce retrait brutal illustre la difficulté de transformer une démonstration d’innovation en produit industrialisé, surtout quand l’environnement économique autour de l’EV se dégrade. Pour Sony, l’épisode Afeela rappelle qu’entre un beau concept flambant neuf et la réalité d’une chaîne automobile, la route est longue, et parfois même barrée. Sony rejoint donc Apple dans la liste des sociétés issues de la tech qui abandonnent toute velléité sur l’EV.
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