Un incident technique est venu perturber l’acheminement d’un cargo russe vers la Station Spatiale Internationale (ISS). Le vaisseau de ravitaillement Progress 94, lancé depuis le cosmodrome de Baïkonour à bord d’une fusée Soyouz, n’a pas déployé deux antennes absolument indispensables à sa navigation automatique lors de l’approche finale. Résultat, l’amarrage prévu pourrait devoir être piloté à la main depuis l’ISS, une manœuvre évidemment très délicate.
Deux antennes KURS muettes, le scénario de secours activé
Progress 94 s’appuie sur le système KURS, un dispositif radar utilisé par Roscosmos pour gérer la phase de rendez-vous et d’arrimage de manière autonome. La non-ouverture des antennes réduit la capacité du vaisseau à mesurer précisément sa position et sa vitesse relatives, ce qui complique la séquence d’approche.

Si les équipes au sol ne parviennent pas à rétablir le fonctionnement attendu, un cosmonaute à bord de la station pourrait prendre le contrôle via TORU, une console installée dans le module de service Zvezda. Ce mode « télépiloté » sert de filet de sécurité en cas d’anomalie du guidage automatique.
Près de 3 tonnes de ravitaillement à livrer
À son bord, Progress 94 transporte environ 3 000 kg de fret, dont de la nourriture, du carburant et des consommables essentiels à la vie quotidienne et au maintien des opérations scientifiques. Malgré la panne, les autres sous-systèmes seraient nominalement opérationnels, si bien que le cargo poursuit sa trajectoire vers l’ISS.
Cet incident prouve que même sur des missions spatiales de routine, la redondance et les procédures de secours restent à la base de la sécurisation de la logistique orbitale, à l’heure où l’ISS dépend plus que jamais d’un flux régulier de cargos de ravitaillement et de capsules.