Face à la multiplication d’incidents impliquant des drones suspects au-dessus de sites sensibles, la Commission européenne a dévoilé une nouvelle stratégie visant à améliorer la protection du territoire et des infrastructures critiques. Ces derniers mois, plusieurs États membres, dont la Pologne et la Belgique, ont signalé des intrusions près d’aéroports, de centrales énergétiques ou de zones industrielles stratégiques.

Bruxelles prévoit d’accroître les investissements dans les technologies de détection avancée et l’intégration des systèmes de surveillance afin de distinguer plus efficacement les drones légitimes des appareils hostiles. La Commission entend également soutenir les États membres dans la mise en place d’une cartographie industrielle civile et militaire coordonnée, destinée à stimuler l’innovation et l’interopérabilité des solutions européennes.
Un “mur de drones” à l’horizon 2027
Parmi les mesures annoncées figurent la création d’un centre d’excellence européen pour la lutte anti-drone, l’élaboration d’un système de certification dédié et le lancement d’un forum industriel visant à accélérer la production de technologies de défense aérienne légère. Un projet pilote de surveillance maritime ainsi qu’un futur système d’affichage aérien unifié compléteront ce dispositif. Pour les particuliers, la mesure la plus contraignante est sans doute l’obligation de faire enregistrer tout drone de loisir à partir de 100 grammes, contre 250 grammes avec l’ancienne règlementation.
Cette stratégie s’inscrit dans une ambition plus large : la mise en place d’un “mur de drones” opérationnel d’ici fin 2027, intégré à la surveillance du flanc oriental de l’UE. Ce réseau de capteurs et de systèmes d’interception s’étendrait des pays baltes à la mer Noire.
Dans un contexte de coopération renforcée avec l’OTAN, Bruxelles espère ainsi bâtir une défense aérienne de nouvelle génération, capable d’anticiper les menaces émergentes tout en consolidant la souveraineté technologique européenne.