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Il y a vingt ans, chaque secteur restait dans son domaine. Les banques faisaient du crédit, les casinos accueillaient des joueurs, les assurances remboursaient des soins. Cette segmentation a volé en éclats. Les frontières entre secteurs d’activité deviennent de plus en plus poreuses. La technologie a permis des rapprochements inédits qui modifient profondément l’offre de services. Trois exemples permettent de comprendre ces hybridations parfois contre-intuitives, mais toujours en réponse à des besoins concrets : réduire les coûts, élargir l’accès, améliorer l’expérience utilisateur.
Est-il vraiment possible de jouer au poker en ligne avec des blindes de 50 centimes (les mises obligatoires à chaque tour) ? À l’évidence oui, et cette possibilité est même devenue banale avec les casinos en ligne. Pour comprendre comment cette évolution s’est produite, il faut examiner la rencontre entre deux mondes : celui du jeu traditionnel et celui de la tech.
Commençons par l’aspect économique. Dans un casino physique “de briques et de mortier”, proposer une mise inférieure à 5€ au poker n’est pas tenable pour couvrir les coûts fixes de la maison : le salaire du croupier, le loyer de l’établissement, l’électricité, la sécurité, etc.
En ligne, tous ces coûts incompressibles sont largement réduits. Un serveur informatique peut gérer simultanément des milliers de parties. Voilà pourquoi votre casino en ligne va vous proposer des mises minimales de 0,10€ au blackjack, et même 0,01€ sur les machines à sous ! Avec un budget de 5€, quelqu’un qui découvre ces jeux peut ainsi jouer pendant une heure, le temps d’apprendre les règles sans pression financière excessive.
La blockchain est une autre niche de la tech qui a énormément apporté aux casinos en ligne, notamment sur la fiabilité des jeux. Comment s’assurer en effet qu’un jeu en ligne n’est pas truqué ? Les premières plateformes des années 2000 n’offraient pas toutes les garanties. La situation a beaucoup changé avec la blockchain, et ce qu’on appelle des “générateurs de nombres aléatoires” (RNG, pour “random number benerators”) :
Chaque action dans le jeu– qu’il s’agisse d’une carte distribuée ou d’un tour de roulette – correspond à l’un de ces nombres générés et retraçables. Le casino lui-même ne peut pas prédire ni influencer le résultat. Pour le dire simplement, la triche devient mathématiquement impossible avec ces systèmes. Les cryptos et les casinos font bon ménage puisque l’écrasante majorité des casinos en ligne fonctionne avec des cryptos pour les dépôts d’argent et les retraits de gains : les transactions se font en quelques minutes à peine, avec des frais très faibles, sans passer par les circuits bancaires et leurs inerties habituelles.
En assurance santé, l’assureur a généralement tendance à vouloir que l’assuré (vous) reste en bonne santé le plus longtemps possible. C’est logique, car chaque problème médical (le fameux “risque”) l’amène à couvrir vos dépenses (l’indemnisation) avec du capital. Il n’est donc pas surprenant d’apprendre que plusieurs assureurs proposent à leurs clients une montre connectée, plus une réduction de leurs cotisations si ceux-ci marchez 8000 pas quotidiens.
C’est le cas de Vitality, programme développé par l’assureur Generali en France. Cette approche, qui peut sembler intrusive, mérite qu’on l’examine de plus près. L’assureur met à disposition une Apple Watch.
Les assurés qui acceptent de partager leurs données d’activité (nombre de pas, fréquence cardiaque, heures de sommeil) se voient récompensés jusqu’à 480€ s’ils atteignent leurs objectifs hebdomadaires. Une manière habile de contourner la loi Evin, qui interdit aux assureurs français de baser les tarifs des mutuelles santé sur des données médicales.
Ce genre de contrat d’assurance n’est pas nouveau : il s’inspire d’un programme lancé par l’assureur américain John Hancock au printemps 2015. Un programme baptisé Vitality justement, et lié à un bracelet connecté Fitbit. À la clé, des réductions de prime allant jusqu’à 15%. Un modèle rapidement copié en Europe par les compagnies Prudential (au Royaume-Uni) et donc Generali (en France et en Allemagne).
L’intersection santé + objets connectés + assurance permet en tout cas aux assureurs de s’y retrouver. Un adulte actif (150 minutes d’exercice par semaine) coûte jusqu’à 40% de moins en frais de santé qu’un sédentaire. Moins de risque de diabète, d’hypertension, ou encore de dépression. Pour l’assureur, on peut estimer qu’investir 300€ dans une montre connectée rapporte jusqu’à 800€ d’économies en capital sur 3 ans. C’est du gagnant-gagnant !
Signalons toutefois que l’association entre assureurs et spécialistes de la santé est très surveillée. La question centrale étant : les données de santé restent-elles privées ? En Europe, le RGPD veille au grain.
Les noms Klarna, Alma ou encore Oney apparaissent désormais sur la plupart des sites de vente en ligne, accompagnés de la mention “Payez en 3x sans frais”. Vous l’avez sans doute déjà utilisé : au moment de payer un achat de 120 euros, Klarna propose de diviser la somme en trois mensualités de 40 euros. L’acheteur ne paie aucun frais supplémentaire.
Le marchand, lui, reçoit immédiatement l’intégralité des 120€. C’est Klarna qui avance l’argent et se rémunère en prélevant une commission de 3 à 5% auprès du vendeur. Si l’acheteur rembourse ses mensualités comme prévu, l’opération se déroule sans accroc. En cas de défaut de paiement, c’est Klarna qui assume la perte.
Pourquoi les banques traditionnelles n’ont-elles pas inventé ça ? Parce qu’elles pensaient “crédit” avec dossiers, justificatifs, délais. Les fintechs ont pensé “expérience utilisateur”. Chez Klarna, l’acceptation prend quelques secondes. Dans l’intervalle, l’algorithme analyse 200 paramètres en temps réel : historique d’achat, adresse IP, comportement de navigation, etc.
L’impact est massif. Les marchands augmentent leur panier moyen. Un client qui hésite devant un prix passe forcément à l’achat quand il voit “40€ x 3”. Pour le consommateur, c’est la gestion de trésorerie simplifiée.
Attention aux pièges dans la pratique. Il faut tout de même savoir que cette facilité change les comportements. Le régulateur britannique s’inquiétait en 2022 de voir que plus de 40% des utilisateurs achètent plus qu’avant, et principalement des articles… dont ils n’auraient pas besoin.
La tentation est forte : pourquoi attendre quand on peut avoir maintenant ? Les régulateurs s’inquiètent, à commencer par l’Union européenne qui planche sur un paquet réglementaire afin de plafonner ces solutions selon les revenus de l’acheteur. Le Royaume-Uni a déjà pris de l’avance sur cet aspect, avec des règles applicables dès 2026.
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