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Le nom Twitter réapparaît sur un nouveau réseau social, trois ans après son abandon au profit de X. La société américaine Operation Bluebird a ouvert l’accès anticipé à Twitter.now, une plateforme indépendante qui reprend l’oiseau bleu, les tweets et plusieurs codes visuels de l’ancien service. Cette résurrection ne vient pas d’Elon Musk et n’est pas affiliée à X Corp. Operation Bluebird affirme que l’entreprise a abandonné les marques Twitter et Tweet lors de son changement d’identité. X conteste cette interprétation devant la justice et cherche à empêcher le nouveau service d’exploiter cet héritage. Twitter.now avance donc dans une situation juridique particulièrement incertaine. Une audience tenue en avril a donné à ses fondateurs des raisons de penser que leur argument pouvait être recevable, mais le juge n’a pas encore rendu de décision écrite définitive sur les marques concernées.

L’inscription n’est pas encore ouverte gratuitement au grand public. Operation Bluebird demande 20 dollars pour devenir membre fondateur. Cette formule donne accès à la version anticipée, permet de réserver un nom d’utilisateur et ajoute un badge numéroté au profil.
Une participation d’au moins 40 dollars attribue le statut de Fighter, avec un badge représentant un oiseau muni d’une fronde. La société explique que l’argent doit financer à la fois le développement de la plateforme et sa bataille contre X.
Le paiement sert aussi de barrière contre les comptes automatisés. Operation Bluebird considère qu’une porte d’entrée payante réduit le nombre de robots lors des premières phases du service. Cette méthode risque toutefois de limiter fortement l’adoption, surtout face à des réseaux accessibles gratuitement comme X, Threads, Mastodon ou Bluesky.
Le modèle économique définitif reste à préciser. La société affirme ne pas vouloir vendre les données personnelles de ses utilisateurs et présente le financement par les membres comme un moyen de rester indépendante des annonceurs. Ces engagements devront être évalués lorsque la plateforme aura atteint une taille plus importante et publié davantage d’informations sur son fonctionnement.
Twitter.now se présente comme une place publique organisée autour de la confiance, de la transparence et du contrôle individuel. Les utilisateurs doivent pouvoir régler un seuil afin de réduire la visibilité des publications considérées comme peu fiables, sans nécessairement les supprimer du réseau.
La société résume cette approche comme une différence entre liberté d’expression et liberté d’obtenir une large diffusion. Les affirmations seraient évaluées plutôt que les personnes, puis accompagnées d’indicateurs de confiance. L’utilisateur pourrait décider du niveau minimal accepté dans son fil.
Le dispositif baptisé Vera et la plateforme Trust OS ne sont cependant pas encore des fonctions pleinement documentées. Le site officiel les présente comme une vision à long terme et précise que les exemples affichés sont illustratifs. Il serait donc prématuré d’affirmer que Twitter.now dispose déjà d’un système de vérification automatisée capable de fonctionner à grande échelle.
La modération promet d’interdire les contenus illégaux, l’exploitation des enfants, les menaces, le harcèlement, les escroqueries et d’autres comportements nuisibles. Operation Bluebird devra démontrer qu’une petite équipe peut appliquer ces règles lorsque le volume de publications augmente, problème auquel tous les réseaux sociaux finissent par être confrontés.
La question centrale est de savoir si X a réellement abandonné ses anciennes marques. Elon Musk a remplacé le nom et le logo de Twitter par X en 2023, mais l’abandon commercial d’une identité ne transfère pas automatiquement ses droits au premier acteur souhaitant la réutiliser.
Operation Bluebird a demandé l’annulation de plusieurs marques et soutient que X n’avait pas l’intention de reprendre leur usage. X a répondu par une action en justice pour contrefaçon. Lors d’une audience préliminaire, le juge Colm Connolly a indiqué que certains droits liés au mot Tweet et au logo pouvaient sembler abandonnés, tout en évoquant également le nom Twitter.
Cette appréciation orale ne vaut pas jugement final. X peut encore présenter d’autres arguments, contester l’exploitation commerciale du nom et demander des mesures empêchant sa confusion avec le service historique. Twitter.now rappelle d’ailleurs de manière visible qu’il n’est pas affilié à X Corp.
Le lancement intervient alors que X défend activement l’accès à sa plateforme et vient d’adresser une mise en demeure à Nitter et XCancel. Les deux dossiers sont juridiquement différents, mais ils illustrent la volonté du groupe de contrôler l’usage de ses contenus et de son ancienne identité.
Twitter.now bénéficie d’un nom mondialement connu et d’une nostalgie réelle pour l’ancien réseau. Il part néanmoins avec peu d’utilisateurs, une entrée payante, des outils de confiance encore en développement et un procès susceptible de remettre en cause jusqu’à son identité. Son lancement constitue donc moins le retour assuré de Twitter que le début d’une expérience technique, commerciale et juridique particulièrement risquée.
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27 Aug. 2026 • 14:20