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Intel annonce un investissement de 5 milliards d’euros en Europe, plus exactement au niveau de son campus irlandais de Leixlip, en banlieue de Dublin, pour renforcer sa capacité de production de semi-conducteurs. C’est aussi un moyen de miser sur l’intelligence artificielle.

Cet investissement de 5 milliards d’euros fait suite au rachat en avril par Intel de la moitié de son usine irlandaise, pour un montant de 14,2 milliards de dollars, une part qu’elle avait auparavant cédée au fonds Apollo Global Management. Naga Chandrasekaran, vice président exécutif d’Intel, pilote cette expansion destinée à augmenter la production de processeurs Xeon pour serveurs tout en renforçant les activités de recherche et développement sur le site. L’objectif affiché consiste à approvisionner les clients de l’activité de fonderie, ce segment de fabrication qu’Intel cherche à développer pour rivaliser directement avec le géant TSMC.
Le site de Leixlip emploie déjà près de 5 000 salariés et devrait voir la création de quelques centaines de postes supplémentaires grâce à cette expansion. L’Irlande constitue le hub européen d’Intel depuis 1989, avec une première usine ouverte en 1993, et représente aujourd’hui le deuxième grand site de production du groupe hors des États-Unis, après celui d’Israël.
Le premier ministre irlandais Micheál Martin a explicitement rattaché cet investissement aux tensions actuelles sur les chaînes d’approvisionnement mondiales en semi-conducteurs. Il a déclaré qu’« il existe un problème mondial d’approvisionnement en semi-conducteurs et en puces, et il est très clair que la dépendance envers Taïwan et d’autres doit être réduite, tant par les États-Unis que par l’Europe », ajoutant que « l’Europe et les États-Unis devraient travailler en étroite collaboration ». Le président américain Donald Trump avait par ailleurs évoqué en juin un partenariat entre Intel et Apple pour concevoir et produire des semi-conducteurs sur le sol américain, une piste qui pourrait attirer d’autres clients vers l’activité d’Intel.
Cette dynamique industrielle s’inscrit néanmoins dans un contexte irlandais fragile sur le plan économique. Près de la moitié de l’impôt sur les sociétés perçu par l’État irlandais provient de seulement trois multinationales, une concentration qui expose le pays aux décisions stratégiques de quelques géants technologiques. Cette vulnérabilité s’illustre déjà par les récentes coupes d’effectifs chez Meta en Irlande, représentant environ 20 % des postes locaux contre une moyenne mondiale de 10 % annoncée par le groupe. C’est une conséquence directe des bouleversements provoqués par l’essor de l’intelligence artificielle dans l’organisation du travail des multinationales présentes sur le territoire.
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