Les lunettes intelligentes de Meta, dont les Ray-Ban Meta Smart Glasses, se retrouvent au cœur d’une polémique en Europe. Selon une enquête du quotidien suédois , des Svenska Dagbladet, des utilisateurs partageraient sans toujours le savoir des contenus particulièrement sensibles — vidéos intimes (oui, il s’agit bien de ce que l’on comprend ici), scènes de vie privée ou données financières — avec des modérateurs humains basés hors de l’Union européenne !
Des employés chargés de l’annotation des données, notamment au Kenya, ont confié aux journalistes avoir visionné des séquences montrant des personnes nues, aux toilettes ou engagées dans des activités sexuelles. Des numéros de carte bancaire et d’autres informations confidentielles auraient également été visibles dans certains flux analysés. Bref, un véritable cauchemar en terme de confidentialité.
Une absence de réelle confidentialité
Pourquoi des humains visionnent-ils ces contenus ?
Pour rappel, les lunettes équipées de l’assistant Meta AI permettent d’enregistrer ce que l’utilisateur voit et de poser des questions en temps réel. Mais pour exploiter ces fonctionnalités, il est nécessaire d’accepter les conditions d’utilisation autorisant l’examen des données capturées par des systèmes automatisés… et par des personnes physiques.

Cette étape d’annotation est essentielle pour entraîner les modèles d’intelligence artificielle et améliorer leur compréhension des images et du contexte. En pratique, cela signifie que certaines séquences peuvent être visionnées par des travailleurs chargés d’optimiser les algorithmes.
Pas de conformité au RGPD ?
Le transfert potentiel de données vers des pays tiers soulève des interrogations au regard du RGPD, qui impose en Europe une transparence stricte sur le traitement des informations personnelles. L’enquête souligne par ailleurs la difficulté d’accès aux politiques de confidentialité spécifiques aux produits portables de Meta.
Interrogée, l’entreprise s’est contentée d’indiquer que « lorsque l’IA en direct est utilisée, les médias sont traités conformément aux conditions d’utilisation et à la politique de confidentialité de Meta AI ». Voilà qui est pour le moins succin au vu de la gravité des pratiques reportées.
À l’heure où les objets connectés s’invitent dans l’intimité du quotidien, cette nouvelle affaire (une de plus concernant Meta) rappelle que l’innovation en matière d’IA s’accompagne ou plutôt devrait s’accompagner de fortes exigences en matière de protection des données, ce qui ne semblme clairement pas être le cas aujourd’hui.
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