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L’IA est partout, et cette fois, c’est l’édition française qui en subit les plus grosses secousses. L’Académie Goncourt a en effet retiré de sa première sélection 2026 C’était ça ou mourir, premier roman de l’écrivain canado-haïtien Thélyson Orélien, un ouvrage publié en France chez Grasset. Le livre était pourtant l’un des phénomènes de la rentrée, avec environ 35 000 exemplaires vendus et le prix du roman Fnac déjà en poche.
Dans son communiqué daté 25 septembre, l’Académie justifie sa décision en avançant deux raisons principales : d’une part des plagiats révélés dans d’anciens textes de l’auteur et « le résultat convergent de plusieurs analyses de chercheurs et journalistes » indiquant que le roman serait « selon toute vraisemblance très largement le produit d’une Intelligence Artificielle ». L’Académie Goncourt affirme vouloir in fine « promouvoir et couronner la littérature écrite par des femmes et des hommes ».

La polémique avait débuté avec les analyses du détecteur Pangram, qui attribue une forte probabilité de génération par IA à de nombreux passages du lire. L’outil de détection affiche un score de 95 % sur l’ensemble du livre, ce qui laisse entendre que l’IA aurait été le véritable auteur du roman. Pangram n’est pas une preuve absolue – sa fiabilité peut varie selon les langues, les styles d’écriture et la taille des textes – mais un étude universitaire avait conclut sur la grande fiabilité de l’outil. De son côté, Thélyson Orélien dément formellement avoir fait écrire son roman par une IA et estime être la cible d’une campagne raciste.
Cette affaire rappelle celle de ce roman coécrit par une IA qui avait déjà intégré un concours littéraire dès 2016. Autre scandale, un concours de dessin aux États-Unis avait récompensé il y a quelques années une œuvre entièrement réalisée à l’IA (Midjourney en l’occurrence).
Le débat suscité par ces révélations n’est pas franchement nouveau en soi, et le milieu culturel essaye tant bien que mal de se préparer à l’ouragan qui s’annonce. Ainsi, les Oscars ont renforcé leurs règles concernant la création humaine tandis que les éditeurs multiplient les procédures liées aux œuvres utilisées par les IA. A la marge, l’affaire Orélien ouvre aussi un débat beaucoup plus vaste sur les usages de l’IA dans le milieu artistique et littéraire : à partir de quel niveau d’intervention de la machine cesse-t-on d’être pleinement l’auteur d’une œuvre ? Vaste sujet…
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