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Canal+ et LaLiga ont signé un accord de lutte contre le piratage couvrant près de 50 pays en Europe, en Afrique subsaharienne et en Haïti. Le diffuseur et la ligue espagnole vont partager leurs renseignements, leurs technologies et leurs capacités juridiques pour accélérer les actions contre les réseaux de streaming illégal.

L’alliance concerne les territoires où Canal+ diffuse le championnat espagnol. Les deux organisations prévoient de coordonner leurs stratégies d’intervention et de mener des enquêtes conjointes contre les opérateurs qui distribuent les matchs sans autorisation. Elles veulent également agir ensemble auprès des pouvoirs publics afin d’obtenir des procédures plus rapides et mieux adaptées à des services capables de changer de domaine ou d’infrastructure pendant une rencontre.
Le communiqué ne décrit pas les outils utilisés et ne promet pas un blocage automatique dans chacun des pays couverts. Les moyens possibles vont de la détection de flux et du marquage des signaux jusqu’au partage d’adresses techniques et aux demandes adressées aux hébergeurs, opérateurs, moteurs de recherche ou services intermédiaires. Leur emploi dépendra des lois locales et des preuves réunies.
Cette question du délai est centrale pour le sport en direct. Un blocage prononcé après le coup de sifflet final perd l’essentiel de son intérêt. En France, l’Arcom prépare justement des coupures en temps réel pour les flux IPTV. La justice a également commencé à solliciter des intermédiaires qui ne diffusent pas eux-mêmes les images : Proton VPN a été contraint de bloquer 31 sites sportifs.
Le président de LaLiga, Javier Tebas, présente le piratage comme une menace directe pour les revenus audiovisuels des clubs. Ces recettes ont reculé de 5,2 % pendant la saison 2024-2025, à 1,43 milliard d’euros, tandis que les revenus commerciaux ont atteint 1,58 milliard d’euros et sont devenus leur première source de recettes. Cette évolution ne peut pas être attribuée au seul streaming illégal, mais elle explique la priorité accordée au dossier.
Maxime Saada, directeur général de Canal+, estime de son côté que le piratage détruit environ 1,5 milliard d’euros de valeur par an en France et prive l’État de plusieurs centaines de millions d’euros de recettes fiscales. Aucune méthode de calcul détaillée n’a été publiée avec l’accord et les conditions financières du partenariat restent confidentielles.
Les deux partenaires insistent aussi sur les risques pour les utilisateurs : vol de données personnelles, logiciels malveillants, fraude et contenus non régulés. Ces dangers ne sont pas présents de la même manière dans tous les services illégaux, mais les abonnements IPTV vendus par des réseaux criminels collectent souvent des paiements et des informations sans les garanties d’un opérateur déclaré. Les autorités françaises ont déjà fermé un service IPTV revendiquant 250 000 abonnés.
Canal+ est aujourd’hui présent dans près de 70 pays, tandis que sa relation avec LaLiga s’est progressivement étendue de la France à d’autres marchés européens, africains et à Haïti. L’accord transforme cette relation de distribution en coopération opérationnelle, mais chaque action restera tributaire des autorités et des intermédiaires compétents sur le territoire concerné.
Les premières équipes communes doivent se réunir immédiatement, selon Maxime Saada. Canal+ et LaLiga n’ont toutefois donné ni calendrier public, ni objectif chiffré de fermetures, ni liste des plateformes ciblées. Les premiers résultats mesurables seront donc le nombre de flux interrompus pendant les matchs et la capacité à poursuivre les mêmes réseaux lorsqu’ils déplacent leurs serveurs d’un pays à l’autre.
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