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Pour la première fois dans le monde, les réseaux sociaux et les plateformes vidéo s’imposent comme la première source d’information du grand public, devant la télévision et les médias traditionnels, révèle l’édition 2026 du rapport annuel de l’Institut Reuters pour l’étude du journalisme de l’université d’Oxford, conduit auprès de 100 000 personnes dans 48 pays avec l’institut YouGov.
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Les chiffres de cette bascule sont sans équivoque. Au cours de la semaine précédant l’enquête, 54 % des sondés ont consommé de l’information via les réseaux sociaux et plateformes vidéo, contre 52 % pour la télévision et 51 % pour les sites et applications de presse. Comme le résume Jim Egan, auteur principal du rapport, « 2026 marque une étape importante : pour la première fois, les réseaux sociaux et les plateformes vidéo dépassent les autres sources d’information et deviennent le premier moyen de s’informer à l’échelle mondiale ».
La fracture générationnelle creuse encore davantage l’écart. Les réseaux sociaux constituent la source principale pour trois sondés sur dix au global, et pour plus d’un sur deux chez les 18-24 ans. La télévision conserve une majorité uniquement chez les 45 ans et plus. Les sites et applications de presse, eux, n’arrivent en tête pour aucune tranche d’âge, une première dans l’histoire des études sur les usages pour s’informer.
Le comportement des utilisateurs varie sensiblement selon les plateformes. YouTube et X/Twitter correspondent à une démarche active de recherche d’information, tandis que Facebook, Instagram et TikTok fonctionnent davantage sur un mode d’exposition accidentelle, où l’actualité s’impose à l’utilisateur sans qu’il l’ait sollicitée. Les intelligences artificielles génératives progressent discrètement dans ce paysage : 10 % des sondés déclarent y recourir chaque semaine pour s’informer, contre 7 % en 2025, ChatGPT figurant parmi les outils utilisés.
L’Europe constitue un îlot de résistance notable dans ce tableau mondial. Sur le Vieux Continent, les sites et applications de médias maintiennent leur position de première source d’information, portés par des habitudes et une offre éditoriale encore suffisamment solides pour retenir l’audience. Mais cette exception géographique ne masque pas la fragilité structurelle du secteur à l’échelle globale.
Les médias traditionnels se retrouvent pris en étau entre plusieurs forces contraires. Seuls 17 % des sondés acceptent de payer pour s’informer en ligne, un plancher qui condamne les stratégies d’abonnement en ligne à une portée limitée. La confiance du public envers les médias atteint simultanément son plus bas niveau historique, à 37 %, alimentant un cercle vicieux entre désaffection et désintérêt pour les marques éditoriales établies.
Jim Egan souligne que cette évolution, progressive mais continue, aggrave la captation des revenus publicitaires par les grandes plateformes numériques, privant les rédactions de ressources au moment précis où leur crédibilité est la plus contestée.
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