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C’est un second coup de semonce après les conclusions d’un travail de recherche du MIT : une vaste du JAMA met en lumière un constat inquiétant : plus les adolescents passent de temps sur les réseaux sociaux, plus leurs capacités cognitives tendent à diminuer. Mémoire, vocabulaire, compréhension orale… les écarts entre les jeunes très connectés et ceux qui utilisent peu ces plateformes apparaissent nettement. La particularité des réseaux sociaux est au cœur du problème : ces derniers sollicitent en permanence l’attention, générant sur la durée une surcharge cognitive continue.
Le jeune utilisateur moyen consacre aujourd’hui près de 5 h 30 quotidiennes aux écrans non éducatifs, dont une grande part est réservée aux réseaux sociaux. Mais contrairement au visionnage d’une vidéo ou d’une série, ces plateformes ne permettent jamais de véritable pause mentale. « Chaque notification est une interruption », rappellent les chercheurs. Entre likes, commentaires et décisions impulsives, l’adolescent reste en hypervigilance, un état énergivore pour un cerveau encore en maturation.

L’étude s’appuie sur l’initiative ABCD, qui suit près de 12 000 enfants depuis 2016. Parmi les 6 554 adolescents analysés, trois profils se distinguent : 57,6 % utilisent très peu les réseaux sociaux, 36,6 % augmentent leur usage progressivement et 5,8 % y passent un temps élevé et croissant. Les chercheurs ont constaté que ce dernier groupe affichait systématiquement les résultats les plus faibles aux tests cognitifs, notamment en mémoire et en langage.
Contrairement aux activités passives, les réseaux sociaux imposent une succession de micro-décisions qui monopolisent les ressources attentionnelles. À long terme, cette sollicitation réduit la disponibilité mentale nécessaire aux apprentissages fondamentaux. Les chercheurs notent que les fonctions liées au vocabulaire et au traitement du langage sont particulièrement affectées.
Si l’étude établit une corrélation plutôt qu’une causalité directe, elle souligne aussi une tendance préoccupante qui interpelle parents et éducateurs. Le cerveau adolescent traverse une période de développement critique ; dans ce contexte, plusieurs heures quotidiennes de stimulation sociale numérique n’ont rien d’anodin. Les auteurs appellent donc à réévaluer l’exposition des jeunes à ces plateformes, un sujet désormais incontournable dans le débat public… au point que nombre de pays (dont la France) souhaitent désormais légiférer sur un âge d’accès minimum aux réseaux sociaux.
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