La mission Solar Orbiter marque un peu plus l’histoire de l’observation astronomique. Des scientifiques ont en effet réussi à suivre pendant 94 jours consécutifs une région solaire exceptionnellement active, à l’origine de la plus violente tempête géomagnétique observée depuis plus de vingt ans sur Terre.
Une région solaire sous surveillance prolongée
À l’origine des perturbations de mai 2024, la région active baptisée NOAA 13664 s’est distinguée par une activité magnétique hors norme. Cette dernière a libéré une succession d’éruptions solaires et d’éjections de masse coronale dirigées vers la Terre, provoquant une tempête géomagnétique classée G5. Ses effets ont été multiples : perturbations radio, tensions sur certains réseaux électriques, satellites ralentis par une atmosphère temporairement densifiée ainsi que des aurores visibles à des latitudes inhabituelles.

Grâce à sa trajectoire elliptique autour du Soleil, Solar Orbiter (pour rappel une mission conjointe de l’ESA et de la NASA), a pu observer cette région presque sans interruption. C’est la première fois qu’une zone active est suivie aussi longtemps, depuis sa formation jusqu’à sa dissipation.
Un jalon pour la physique solaire
Cette observation record a permis aux chercheurs d’analyser trois rotations complètes du Soleil, un défi habituellement impossible en raison de la rotation de l’astre sur lui-même. Les scientifiques ont ainsi documenté l’évolution progressive d’un champ magnétique de plus en plus instable, culminant juste avant l’émission de la plus puissante éruption solaire enregistrée depuis deux décennies.
Mieux anticiper les colères du Soleil
Ces nouvelles données offrent un éclairage précieux sur les mécanismes qui déclenchent les tempêtes solaires extrêmes, et pourraient, à terme, améliorer la prévision de ces événements capables d’affecter profondément nos infrastructures technologiques.
Alors que notre dépendance aux satellites et aux réseaux électriques ne cesse de croître, cette avancée rappelle l’importance stratégique de la météorologie spatiale.